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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVI.

Pîov. 1806.

Decret deBerlin, dattf (lu21 novembre180 c.

Dispositifde ce décret.

n’était qu’une juste représaille des violences de l’Angleterre,et qui avait de plus l’avantage de répondre parfaitement auxvues qu’il venait de concevoir. Ce décret, daté de Berlin, etdu 21 novembre, applicable non-seulement à la France, maisaux pays occupés par ses armées, ou alliés avec elle, c’est-à-dire à la France, à la Hollande, à l’Espagne, à l’Italie, et àl’Allemagne entière, déclarait les Iles-Britanniques en état deblocus. Les conséquences de l 'état de blocus étaient les Sui-vantes :

Tout commerce avec l’Angleterre était absolument défendu ;

Toute marchandise provenant des manufactures ou des co-lonies anglaises, devait être confisquée, non-seulement à lacôte, mais à l’intérieur, chez les négociants qui s’en feraientdépositaires ;

Toute lettre, venant d’Angleterre ou y allant, adressée ’àun Anglais ou écrite en anglais, devait être arrêtée dans lesbureaux de poste, et détruite;

Tout Anglais quelconque saisi en France ou dans les payssoumis à ses armes, était déclaré prisonnier de guerre ;

Tout bâtiment, ayant seulement touché aux colonies anglai-ses, ou à l’un des ports des trois royaumes, avait défensed’aborder aux ports français ou soumis à la France, et s’ilfaisait une fausse déclaration à ce sujet, il était reconnu debonne prise ;

Une moitié du produit des confiscations était destinée à in-demniser les négociants français ou alliés, qui avaient souffertdes spoliations de l’Angleterre; enfin les Anglais tombés ennotre pouvoir devaient servir à l’échange des Français, ou desalliés devenus prisonniers.

Telles étaient ces mesures, inexcusables assurément, sil’Angleterre n’avait pris soin de les justifier d’avance par sespropres excès. Napoléon ne s’en dissimulait pas la rigueur;mais afin d’amener l’Angleterre à se départir de sa tyranniesur mer, il déployait une tyrannie égale sur terre; il voulait