EYLAU.
181
avec la Russie et la Prusse, et qu’au lendemain d’une longue n 0 v. îsœ.lutte, recommencée trois fois depuis quinze ans, elle n’était pluscapable de faire la guerre, ni pour ni contre aucune puissance.
À ces paroles évasives elle venait d’ajouter des actes plussignificatifs. Elle avait réuni 60 mille hommes en Bohême, les- “^attendant!’quels, placés d’abord le long de la Bavière et de la Saxe, se reU honmieT llLtransportaient actuellement vers la Gallicie, suivant en quel- en Boheme 'que sorte derrière leurs frontières le mouvement des arméesbelligérantes. Indépendamment de ces 60 mille hommes, elleavait dirigé de nouvelles troupes vers la Pologne, et elle ap-portait une extrême activité à former des magasins en Bohêmeet en Gallicie. Quand on la questionnait sur ces armements,elle répondait par des raisons banales, tirées de sa sûretéPersonnelle, disant qu’exposée de toutes parts au contact d’ar-mées ennemies qui se faisaient la guerre, elle ne devait per-mettre à aucune de violer son territoire, et que les mesuresdont on lui demandait compte n’étaient que des mesures de
Pure précaution.
Napoléon ne pouvait ère dupe d’un langage aussi peu sin-cère. Le besoin d’une alliance, depuis qu’il avait perdu cellede la Prusse, avait un moment tourné son esprit vers la courde Vienne; mais il lui était maintenant facile de reconnaîtreque la puissance à laquelle nous venions d’enlever en quinzea os les Pays-Bas, la Souabe, le Milanais, les États vénitiens,la Toscane, le Tyrol, la Dalmatie et enfin la couronne ger-ma nique, ne saurait être qu’une ennemie irréconciliable, dis-simulant par politique ses profonds ressentiments, mais prête^ faire éclater à la première occasion. Il apercevait très-^'en que les craintes de l’Autriche étaient feintes, car aucunedes parties belligérantes n’avait intérêt à la provoquer parUne violation de territoire, et il savait que, si elle armait, celle pouvait être que dans l’intention perfide de tomber surles derrières de l’armée française. N’attachant pas plus d’im-P°rtance qu’il ne fallait à la parole d’homme et de souverain,
Napoléon ne selaisse pointtromper par lesparoles del'Autriche, etvoit en elle unennemi secretet
irréconciliable.