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LIVRE XXVI.
Dée. 1806 . Lannes voyait par delà sa gauche, et à l’extrême droite desRusses, la division Tolstoy, bordant le ravin deMoczyn, etformant un crochet en arrière pour couvrir l’extrémité de laposition. 11 crut plus sage de ne pas engager toutes ses troupes,et, par son ordre, la brave division Gazan resta immobile àla lisière de la forêt, essuyant à trois cents pas les boulets del’ennemi, mais rendant le service de contenir les Russes, etde les empêcher eux aussi, de combattre avec toutes leursforces.
La journée s’achevait lorsque la division Gudin arriva enfinsur notre gauche, cachée par des bois à notre armée, maisaperçue par les cosaques, qui en avertirent aussitôt le géné-ral Benningsen. De toute son artillerie, la division Gudin n’a-menait que deux pièces, péniblement traînées jusqu’au lieudu combat. Elle donna contre l’extrême droite des Russes, etsur la pointe de l’angle que présentait leur ligne repliée. Legénéral Daultanne, qui ce jour-là commandait la division Gu-din , après quelques volées de canon, se forma en échelonspar sa gauche, et marcha résolument à l’ennemi, en prévenantle maréchal Lannes de son entrée en action. Son attaque ob-tint un effet décisif, et força les Russes à se replier. Mais cettedivision, déjà séparée par des bois du corps de Lannes, agran-dit en s’avançant l’intervalle qui l’en séparait. Une rafale d event qui portait la pluie et la neige au visage de nos soldats,soufflait en cet instant. Les Russes, par une superstition depeuple du Nord, qui leur fait voir dans la tempête un augurefavorable, coururent en avant, avec des cris sauvages. Us sejetèrent dans l’intervalle laissé entre la division Gudin et lecorps de Lannes, ramenèrent l’une et débordèrent l’autre-Leur cavalerie se précipita dans la trouée, mais le 34 e , ducôté de la division Suchet, le 85 e , du eôté de la division £*udin, se formèrent en carré, et arrêtèrent tout court- cettecharge, qui était plutôt de la part des Russes une démonstra-tion pour couvrir leur retraite, qu’une attaque sérieuse.