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LIVRE XXVI.
Mars 1807. j[ se raillait de ses plaintes, accusait la faiblesse de son âme,et lui traçait le tableau suivant :
« Les officiers d’état-major ne se sont pas déshabillés de-horreurs de* I» P puis ^eux mo ' s ) et quelques-uns depuis quatre ; j’ai moi-g ue rre du^ïord B même été quinze jours sans ôter mes bottes... Nous sommespar Napoléon. j B au m iü eu d e ] a ne jg e e (, la boue, sans vin, sans eau-de-»vie, sans pain, mangeant des pommes de terre et de la» viande, faisant de longues marches et contre-marches, sans» aucune espèce de douceurs, et nous battant ordinairement» à la baïonnette et sous la mitraille, les blessés obligés de se«retirer en traîneau, en plein air, pendant cinquante lieues.»( Il s’agissait ici de la marche qui avait suivi la bataille d’Eylau,/ car à Osterode on était déjà mieux.) « C’est donc une mauvaise» plaisanterie que de comparer les lieux où nous sommes, avec/ » ce beau pays de Naples, où l’on a du vin, du pain, des draps
I » de lit, de la société, et même des femmes. Après avoir dé-J » truit la monarchie prussienne, nous nous battons contre I e1 » reste de la Prusse, contre les Russes, les calmouks, les co-
» saques, et les peuplades du Nord, qui envahirent jadis l’oni-» pire romain. Nous faisons la guerre dans toute son énerg' e» et son horreur. Au milieu de ces grandes fatigues, tout I e«monde a été plus ou moins malade; pour moi je ne me suis«jamais trouvé plus fort, et j’ai engraissé. » (Osterode, 1 er mars-)La situation dont Napoléon faisait ici la peinture, était déjà“çes fort améliorée à Osterode, du moins pour les soldats. Mais»si nous souffrions, les Russes souffraient bien davantage > etse trouvaient dans une misère horrible. Leurs bataillons, < P Uau début des opérations s’élevaient à 500 hommes, étaientactuellement réduits à 300, à 200, à 150. On venait d’enprendre dix à la fois, qui ne présentaient que ce derniernombre. Si les Russes avaient pu tenir tète à Napoléon, céta*à condition de faire détruire leur armée; aussi ne pouvaientils plus se montrer en rase campagne. On avait mandé à SaintPétersbourg, au nom de tous les généraux, que si les forces