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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVII.

Mars 1807.

Motifs quiavaient portéNapoléon àchargerle tnareVhalLefebvre dusiège

de Dantzig.

enfoncées en terre. Le boulet pouvait les déchirer, quelquefoisen briser la tête, mais non les arracher. Sur les talus en ar-rière, d’énormes poutres suspendues par des cordes, devaient,au moment d’un assaut, rouler du haut en bas, sur les assié-geants. Puis encore, à tous les angles rentrants de l’enceinte[places d’armes rentrantes ) on avait construit des blockhaus engros bois, on les avait recouverts de terre, et rendus presqueimpénétrables au boulet et à la bombe. Le bois des plainesdu nord, dont la ville de Dantzig est l’entrepôt, avait été pro-digué sous toutes les formes, pour la fortifier, et on put s’aper-cevoir bientôt de ses propriétés défensives, qui n’étaient pasappréciées comme elles le furent après l’exécution de cesiège mémorable. Enfin des munitions en quantité immense,des vivres suffisants pour nourrir la population et les troupespendant plus d’une année, des communications continuellesavec la ville de Ivœnigsberg, soit par la mer, soit par le Neh-rung, communications qui donnaient à la garnison assiégéela confiance d’être secourue, et de pouvoir se retirer quandelle voudrait, ajoutaient aux chances de la défense, et auxdifficultés de l’attaque.

Le maréchal Lefebvre, chargé du commandement des trou-pes qui devaient exécuter le siège, ne possédait aucune desconnaissances que réclamait une telle opération. Il n’y avaitpas dans l’armée un soldat plus ignorant et plus brave. A tou-tes les questions d’art soulevées par les ingénieurs, il ne voyaitjamais qu’une solution, c’était de monter à l’assaut à la têtede ses grenadiers. Si, malgré son insuffisance, Napoléon l’avaitchoisi, c’est qu’il désirait, comme nous l’avons dit ailleurs)procurer de l’emploi aux sénateurs , c’est qu’il ne se souciaitpas de voir rester à Paris un vieux soldat soumis et dévoué,mais laissant quelquefois errer sa langue quand on ne le con-tenait pas; c’est enfin qu’il voulait, sans lui confier un corpsd’armée, lui ménager l’occasion de mériter une grande récom-pense. Le brave Lefebvre, qui rachetait son ignorance par un