398
LIVRE XXVII.
Mars 1807. Cette opération fut confiée au général Schramm, avec uncorps d’environ 3 mille hommes, composé d’un bataillon du2 ,: léger, de quelques centaines de grenadiers saxons, d’undétachement polonais, infanterie et cavalerie, et d’un esca-tontaOvc'trin- dron du 19 e chasseurs. Le 19 mars au matin, à la hauteur dec on s i sta n un s Neufahr , deux lieues au-dessus de Dantzig, les troupes furentdi'ia'vi.sfuie embarquées sur des bateaux qu’on s’était procurés, traver-deWiùig. sèrent la Yistule, moins large depuis qu’elle est divisée enplusieurs bras, et s’aidèrent dans cette opération d’une île si-tuée près de la rive opposée. Le général Schramm, transportédans le Nehrung par suite de ce passage, partagea son petitcorps en trois colonnes, une à gauche pour se jeter sur lestroupes ennemies qui défendaient la position du côté de Dant-zig, une «Vdroite pour repousser celles qui viendraient du côtéde Kœnigsberg, une troisième enfin pour tenir lieu de réserve.A la tète de chacune de ces colonnes, il avait placé un déta-chement de Français, afin de donner l’exemple.
A peine débarquées, les troupes du général Schramm, en-traînées par le bataillon du 2 e léger, tournèrent à gauche, seportèrent à la rencontre des Prussiens et les culbutèrent, mal-gré le feu le plus vif. Tandis que la colonne principale, pre-nant ù gauche, les poussait vers Dantzig, la seconde restaiten observation sur la route de Kœnigsberg. La troisième, gar-dée en réserve, servait de renfort à la première. L’ennemiayant voulu profiter des obstacles du terrain pour renouvelersa résistance, car le Nehrung en se rapprochant de Dantzigprésente des dunes et des bois, la première colonne aidée dela troisième le repoussa de nouveau, et lui tua ou lui pritquelques hommes. Les Saxons rivalisèrent en cette occasionavec les Français. Les uns et les autres ramenèrent l’ennemijusque sur les glacis du fort de Weichselmünde, duquel étaientsorties les troupes qui défendaient le Nehrung.
L’affaire semblait finie, lorsque vers sept heures du soir,on vit une colonne de trois à quatre mille Prussiens débouche*