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LIVRE XXVII.

Mars 1807. Le général Cbasseloup, appelé pour plusieurs jours à Thorn,afin d’y tracer le projet de quelques ouvrages défensifs, laissaen partant le plan des attaques et les ordres pour le commen-cement des travaux.

On n’avait plus aucune raison de différer, car le maréchalLefebvre venait de recevoir une partie des renforts qui luiavaient été promis. Le 44 e de ligne, tiré du corps d’Augereau,arrivait en ce moment des bords de la Vistule : il n’était qued’un millier d’hommes, mais des meilleurs. Le 19 e , parti deFrance depuis deux mois, arrivait aussi de Stettin avec unconvoi d’artillerie qu’il escortait. C’était assez, en attendant lesautres régiments annoncés, pour commencer les travaux, etpour donner l’exemple aux troupes auxiliaires. - s

Sans être versé dans la belle science qui a immortaliséPremiers Vauban, chacun sait avec quelles précautions on se présente

travaux

d’approche, devant les places de guerre. C’est en s’enfonçant sous terre,en ouvrant des tranchées, et en jetant du côté de l’ennemi lesdéblais provenant de ces tranchées, qu’on avance sous le feu dela grosse artillerie. On trace ainsi des lignes qu’on appelleparallèles, parce qu’en effet elles sont parallèles au front qu’onattaque. On les arme ensuite de batteries, pour répondre aufeu de l’assiégé. Après avoir tracé une première parallèle, ons’approche, en cheminant sous terre, par des zigzags, jusqu’àla distance où l’on veut tracer une seconde parallèle, qu’onarme de batteries comme la première. On arrive successive-ment à la troisième, d’où l’on s’élance au bord du fossé, q u ‘s’appelle chemin couvert. Puis on descend dans ce fossé avecde nouvelles précautions , on renverse avec des batteries d ebrèche les murailles appelées escarpes, on remplit le fossé deleurs décombres, et sur ces décombres on monte enfin à l’ aS 'saut. Des sorties de l’ennemi pour troubler ces travaux diffi"ciles, des combats de grosse artillerie, des mines qui f° utsauter dans les airs assiégeants et assiégés, ajoutent des scè-nes animées, et souvent terribles, à cette affreuse lutte sou-