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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVII.

Mai 1807.

TravauxiTapprochediriges versJe bastion degauche.

génie aperçut en effet au saillant de la demi-lune un puits demine. Il s’y jeta, le sabre au poing, trouva douze Prussiens quitravaillaient à des rameaux de mine, et profitant de la terreurque leur inspirait son apparition subite, les fit tous prison-niers. Il bouleversa ensuite l’ouvrage. Ce brave homme, dontle nom mérite d’étre conservé, se nommait Chopot.

L’assaut du chemin couvert, qui est toujours l’une desopérations les plus meurtrières d’un siège régulier, nous coûta17 tués et 76 blessés, perte assez grande, si on songe aupetit nombre d’hommes employés sur un terrain aussi étroit.Maîtres du chemin couvert de la demi-lune, nous étions éta-blis au bord du fossé. Il fallait y descendre, renverser ensuitela rangée de grandes palissades, qui en occupait le fond, puisenlever d’assaut les talus gazonnés, qui tenaient lieu d’escar-pes en maçonnerie. Ce n’étaient pas là des entreprises faciles.Il fallait d’ailleurs exécuter au saillant du bastion de gauche,la même opération que nous venions d’exécuter au saillant dela demi-lune, pour n’élre pas mitraillés de flanc par ce bas-tion , quand nous attaquerions la demi-lune elle-même.

On s’établit donc sur le fossé, on s’y couvrit avec les pré-cautions ordinaires, et l’on continua de cheminer vers lagauche, pour s’approcher du saillant du bastion. Les journéesdes 8, 9, 10, 11, 12 et 13 mai, furent employées à ce travail)devenu horriblement dangereux, car, à celle proximité, lesboulets de l’ennemi bouleversaient les sapes, pénétraient dansles tranchées, y emportaient les hommes, et souvent faisaientécrouler sur eux les épaulements qu’ils avaient laborieuse-ment élevés. La mousqueterie n’était pas à cette distance d’uneffet moins terrible que l’artillerie. Le sable que nos soldatsremuaient s’éboulait à chaque instant, et il fallait recommen-cer plusieurs fois les mômes ouvrages. Enfin les nuits deve-nues très-courtes en mai, car tout le monde sait que pl uS 011approche du pôle, plus les nuits sont longues en hiver, cour-tes en été, nous laissaient à peine quatre heures de travail sui