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LIVRE XXVII.
JVl»i 1807.
État florissantde la cavaleriefrançaiserefaite dansles plainesd’Eibing.
Afin d’éviterles surprises,Napoléon a laprécaution defaire camperses troupesdès le retourde la bellesaison.
dons grâce à la nature des choses, qui a voulu que l’attaquefût plus difficile que la défense !
Mais les 160 mille hommes que Napoléon avait à sa dispo-sition, après avoir suffisamment couvert ses flancs et ses der-rières, se trouvaient tous dans le rang. Si on avait appliquéla môme manière de compter à l’armée russe, elle n’eût pasété de 140 mille hommes assurément. Les soldats de Napoléonétaient parfaitement reposés , abondamment nourris, vêtusconvenablement pour la guerre, c’est-à-dire couverts et chaus-sés, bien pourvus d’armes et de munitions. La cavalerie sur-tout, refaite dans les plaines de la basse Vistule, montée avecles plus beaux chevaux de l’Allemagne, ayant repris ses exer-cices depuis deux mois, offrait un aspect superbe. Napoléonvoulant la voir réunie tout entière dans une seule plaine, s’é-tait transporté à Elbiug pour la passer en revue. Dix-huit millecavaliers, masse énorme, mue par un seul chef, le princeMurat, avaient manœuvré devant lui pendant toute une jour-née, et tellement ébloui sa vue, si habituée pourtant aux gran-des armées, qu’écrivant une heure après à ses ministres, Un’avait pu s’empêcher de leur vanter le beau spectacle q ulvenait de frapper ses yeux dans les plaines d’Elbing.
Par une prévoyance dont il eut fort à s’applaudir, Napoléonavait exigé qu’à partir du 1 er mai tous les corps sortissent desvillages où ils étaient cantonnés, pour camper en divisions,à portée les uns des autres, dans des lieux bien choisis, etderrière de bons ouvrages de campagne. C’était le vrai n>oy ende n’étre pas surpris, car les exemples d’armées assaiffi eS ^l’improviste dans leurs quartiers d’hiver, ont tous été fournispar des troupes qui s’étaient disséminées pour se log er etpour vivre. Une armée vivement attaquée dans cette posit' 00 ’peut, avant d’avoir eu le temps de se rallier, perdre en nom-bre une moitié de sa force, et en territoire des provinces etdes royaumes. La précaution de camper, quoique infiniment