FRIEDLAND ET TILSIT.
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ver la conduite des Prussiens. Mais une fois les Prussiens ra-menés en arrière par notre marche en avant, Napoléon pouvaittoujours attirer à lui le corps du maréchal Bernadotte, et avoirainsi à sa disposition 150 mille combattants, n’étant privé quedu corps de Masséna, indispensable sur la Narew. Le généralBenningsen au contraire, séparé comme Napoléon du corpslaissé sur la Narew (18 mille hommes), et condamné en des-cendant l’Aile à se séparer de Lestocq (18 mille hommes),n’allait se trouver en présence de Napoléon qu’avec la massecentrale de ses forces, c’est-à-dire avec environ 100 millehommes, affaiblis de 6 ou 7 mille, morts ou blessés, restésa u pied de nos retranchements.
Le plan de Napoléon fut bientôt arrêté, car ce plan était laconséquence même de tout ce qu’il avait prévu, voulu, et pré-paré , pendant les quatre derniers mois. En effet, depuis que,Par la savante disposition de ses cantonnements entre la Pas-sarge et la basse Yistule, par la forte occupation de Brauns-berg, Elbing, Marienbourg, par la prise de Dantzig, il s’étaitrendu invincible sur sa gauche et vers la mer, il avait réduitles Russes à attaquer sa droite, c’est-à-dire à remonter l’Ailepour menacer Varsovie. Dès lors sa manœuvre était toute tra-cée. A son tour il devait se porter en avant, déborder la droite^es Russes, les couper de la mer, les rejeter sur l’Aile et la^régel, les devancer à Kœnigsberg, et prendre sous leursyeux ce précieux dépôt, où les Prussiens avaient renferméleurs dernières ressources, et les Anglais envoyé les secoursPromis à la coalition. Plus il trouverait les Russes engagés surI e cours supérieur de l’Aile, et plus grand devait être le ré-s ultat de cette manœuvre. Ils venaient à la vérité de s’arrêterbrusquement pour redescendre l’Aile par la rive droite. Maisb a poléon allait la descendre à leur suite par la rive gauche,avec la presque certitude de les gagner de vitesse, d’arriverAussitôt qu’eux au confluent de l’Aile et de la Prégel, et dee ùr faire essuyer en route quelque grand désastre, s’ils vou-
Juin 1807.
Marche deNapoléon etintention decette marche.