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LIVRE XXVII.

Juin 1807.

Marchegenerale surHeilsberg,

Le generalBenningsens’arrête àHeilsberg poury tenir tête àl'arméefrançaise.

Description dela positionretranchéed’Heilsberg,

laient repasser cette rivière devant lui, pour marcher au se-cours de Kœnigsberg.

Des vues si profondément méditées, et depuis si long-temps,devaient se changer bien vite en dispositions formelles, etsans qu’il y eût un seul instant perdu à délibérer. Napoléon,dès le 9, ordonna au maréchal Davout de se réunir immédia-tement à la droite de l’armée, au maréchal Ney de se reposerun jour à Guttstadt de ses durs combats pour rejoindre en-suite , au maréchal Soult, qui était un peu à gauche près deLaunau, de longer le cour de l’Aile, pour gagner Heilsberg,précédé et suivi de la cavalerie de Murat, au maréchal LanneSd’accompaguer le maréchal Soult, au maréchal Mortier enfinde hâter le pas pour faire sa jonction avec le gros de l’armée.Lui-môme avec la garde suivit ce mouvement, et prescrivitau corps du maréchal Bernadette, commandé temporairementpar le général Victor, de se concentrer sur la basse Passarge,afin de se porter au delà, dès que les projets de l’ennemi surnotre gauche seraient mieux éclaircis.

Le 10 juin en effet on marcha par la rive gauche de l’Ailesur Heilsberg. 11 fallait franchir un défilé près d’un village ap-pelé Bewerniken. On y trouva une forte arrière-garde, quifut bientôt repoussée, et on déboucha en vue des positionsoccupées par l’armée russe.

Après tant de démonstrations présomptueuses, le généralennemi devait éprouver la tentation de ne pas fuir si vite, etde s’arrêter afin de combattre, surtout dans une position oùbeaucoup de précautions avaient été prises, pour rendremoins désavantageuses les chances d’une grande bataille. Maisc’était peu sage, car le temps devenait précieux, si on voulaitn’être pas coupé de Kœnigsberg. Néanmoins l’orgueil parla 0 *'plus haut que la raison, le général Benningsen résolut d’at-tendre devant Heilsberg l’armée française.

Heilsberg est située sur des hauteurs, entre lesquelles cir-cule la rivière de l’Aile. De nombreuses redoutes avaient été