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LIVRE XXVII.
Juin 1807.
Conséquencesde la batailled’Heilsberg.
Napoléon,arrivé tard àHcilsberg, estmécoutent deta témérité del’armée.
doutes aurait rendues dangereuses, si nos troupes avaient étémoins fermes, et moins bien commandées. Le brave généralRoussel, qui se trouvait l’épée à la main au milieu des fusi-liers de la garde, eut la tète emportée par un boulet de canon.Cette action imprudente, dans laquelle 30 mille Français com-battaient à découvert contre 90 mille Russes abrités par desredoutes, se prolongea jusque fort avant dans la nuit. Le ma-réchal Latines parut enfin à l’extrême droite, fit tâter la posi-tion de l’ennemi, mais ne voulut rien entreprendre sans lesordres de l’Empereur. La canonnade cessa bientôt de retentir,et chacun, par une nuit pluvieuse, essaya en se couchant àterre, de prendre un peu de repos. Les Russes, plus nom-breux et plus serrés que nous, avaient essuyé une perte très-supérieure à la nôtre. Ils comptaient trois mille morts, et septou huit mille blessés. Nous avions eu deux mille morts, et cinqmille blessés.
Napoléon arrivé tard, parce qu’il n’avait pas supposé quel’ennemi s’arrêtât sitôt pour lui résister, fut fort satisfait del’énergie de ses troupes, mais beaucoup moins de leur extrêmeempressement à s’engager, et résolut d’attendre au lendemain»pour livrer bataille avec ses forces réunies, si les Russes per-sistaient à défendre la position d’IIeilsberg, ou pour les suivreà outrance, s’ils décampaient. Il bivouaqua avec ses soldatssur ce champ de carnage, où gisaient 18 mille Russes et Fran-çais , mourants, et blessés.
Le général Benningsen, en proie à des souffrances aig uëSet à de grandes perplexités, passa la nuit au bivouac enve-loppé dans son manteau ’. II faut une âme forte pour braver ala fois la douleur physique et la douleur morale. Le généralBenningsen était capable de supporter l’une et l’autre. Partagéentre la satisfaction d’avoir tenu tête aux Français, et la craint ede les avoir tous sur les bras le lendemain, il attendit le j° ur
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1 L'historien russe Plotho dit que le général Benningsen était atteintmaladie de la pierre.