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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVII.

juin i8oi. mesures qu’il avait prises afin d’augmenter ses forces au prin-temps, il n’en suspendit qu’une, ce fut l’appel de la secondepartie de la conscription de 1808. Il voulut que cette nouvelleaccompagnant celle de ses triomphes, fût pour la Franceune raison de plus de se réjouir, et d’applaudir à ses victoires.

Dans cette attitude imposante, Napoléon attendit l’ouver-ture des négociations, et invita M. de Talleyrand, qui étaitallé chercher à Dantzig un peu de sécurité et de repos, àvenir sur-le-champ à Tilsit, pour lui prêter le secours de sonadresse et de sa patiente habileté. Suivant sa coutume, Napo-léon adressa à son armée une proclamation empreinte de ladouble grandeur de son âme et des circonstances. Elle étaitainsi conçue:

« Soldats ,

» Le 5 juin nous avons été attaqués dans nos cantonnements«par l’armée russe. L’ennemi s’est mépris sur les causes de» notre inactivité. Il s’est aperçu trop tard que notre repos» était celui du lion : il se repent de l’avoir troublé.

«Dans les journées de Guttstadt, de Ileilsberg, dans celle» à jamais mémorable de Friedland, dans dix jours de cam-«pagne enfin, nous avons pris 120 pièces de canon, 7 dra-«peaux, tué, blessé ou fait prisonniers 90,000 Russes, enlevé» à l’armée ennemie tous ses magasins, ses hôpitaux, ses am-«bulances, la place deKœnigsberg, les 300 bâtiments qui étaient» dans ce port, chargés de toute espèce de munitions, 160,000» fusils que l’Angleterre envoyait pour armer nos ennemis.

» Des bords de la Vistule nous sommes arrivés sur ceux» du Niémen avec la rapidité de l’aigle. Vous célébrâtes àAus-«terlitz l’anniversaire du couronnement, vous avez cette an-» née dignement célébré celui de la bataille de Marengo, fi 01» mit fin à la guerre de la seconde coalition.

» Français I vous avez été dignes de vous et de moi. Vous» rentrerez en France couverts de lauriers, et après avoir ob-