FRIEDLAND ET TILSIT.
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» tenu une paix glorieuse qui porte avec elle la garantie de» sa durée. Il est temps que notre patrie vive en repos, à l’a-»bri de la maligne influence de l’Angleterre. Mes bienfaits» vous prouveront ma reconnaissance, et toute l’étendue de» l’amour que je vous porte.
»An camp impérial de Tilsit, le 22 juin 180Î. »
Les deux souverains vaincus étaient encore plus pressésque Napoléon d’ouvrir les négociations. Le prince de Laba-noff, l’un des Russes qui souhaitaient le plus sincèrement unaccord entre la France et la Russie, revint le 24 à Tilsit, pourobtenir une audience de Napoléon. Elle lui fut immédiatementaccordée. Ce seigneur russe exprima le vif désir que sonmaître éprouvait de terminer la guerre, l’extrême dégoûtqu’il avait de l’alliance anglaise, l’extrême impatience qu’ilressentait de voir le grand homme du siècle, et de s’expliqueravec lui d’une manière franche et cordiale. Napoléon ne de-mandait pas mieux que de rencontrer ce jeune souverain, du-quel il avait tant ouï parler, dont l’esprit, la grâce, la séduc-tion, qu’on vantait fort, lui inspiraient beaucoup de curiosité,et peu de crainte, car il était plus sûr de séduire que d’êtreséduit, lorsqu’il entrait en rapport avec les hommes. Napoléonaccepta l’entrevue proposée pour le lendemain 25 juin.
Il voulut qu’un certain apparat présidât à celte rencontredes deux princes les plus puissants de la terre, s’abouchantpour terminer leur sanglante querelle. Il fît placer par le gé-néral d’artillerie Lariboissière un large radeau au milieu duNiémen, à égale distance, et en vue des deux rives du fleuve.Avec tout ce qu’on put réunir de riches étoffes dans la petitev iUe de Tilsit, on construisit un pavillon sur une partie dur adeau, pour y recevoir les deux monarques. Le 25, à uneheure de l’après-midi, Napoléon s’embarqua sur le fleuve, ac-c °mpagné du grand-duc de Berg, du prince de Neuchâtel, desmaréchaux Bessières etDuroc, du grand-écuyer Caulaincourt.Au même instant Alexandre quittait l’autre rive, accompagné
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Juin i807.
Alexandre faitdemander uneentrevueà Napoléon.
Entrevue deNapoléonet d’Alexandresur un radeauplace' au milieudu Nie'men.