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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVII.

Juin 1807 . teurs en plusieurs journées. Entre vous et moi, ajouta-t-il, ilne doit y avoir personne. — On ne pouvait pas flatter Alexan-dre d’un emanière qui lui fût plus sensible, qu’en lui attribuantsur ceux qui l’entouraient, une supériorité semblable à celleque Napoléon était en droit de s’attribuer sur tous ses servi-teurs. En conséquence Napoléon lui proposa de quitter le ha-meau où il était logé, de s’établir dans la petite ville de Tilsit,qu’on neutraliserait pour le recevoir, et où ils pourraienteux-mémes, personnellement, à toute heure, traiter de leursaffaires. Cette proposition fut acceptée avec empressement, etil fut convenu que M. de Labanoff se rendrait dans la journéeà Tilsit, pour en régler les détails. Il restait cependant à par-ler de ce malheureux roi de Prusse, qui se trouvait au quar-tier-général d’Alexandre, attendant ce qu’on ferait de lui etde son royaume. Alexandre offrit de l’amener sur ce mêmeradeau du Niémen, pour le présenter à Napoléon, qui luiadresserait quelques paroles rassurantes. Avant de passer eneffet d’un système de politique à un autre, il était néces-saire qu’Alexandre, s’il ne voulait pas se déshonorer, eûtsauvé quelque chose de la couronne de son allié. Napoléonqui avait déjà pris son parti à cet égard, et qui sentait bienqu’il fallait accorder certaines concessions pour mettre àcouvert l’honneur d’Alexandre, consentit à recevoir le roide Prusse le lendemain. Les deux souverains sortirent alorsdu pavillon, et passant des choses sérieuses aux témoigna-ges de courtoisie, complimentèrent ceux qui les suivaient-Napoléon traita d’une manière flatteuse le grand-duc Cons-tantin et le général Benningsen. Alexandre félicita Muratet Berthier d’être les dignes lieutenants du plus grand cap*'taine des temps modernes. On se quitta en se donnantde nouvelles marques d’amitié, puis les deux empereurs serembarquèrent, à la vue, et au milieu des applaudisse-ments des nombreux spectateurs réunis sur les rives d uNiémen.