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[Vol. 4.]
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FRIEDLAND ET TILSIT.

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magement possible, que la Russie dépensait ses forces, tandis Juin 1807 •que si elle s’unissait avec elle pour dominer en Occident et enOrient, sur terre et sur mer, elle se ménagerait autant degloire, et certainement plus de profit. Sans s’expliquer davan-tage, il sembla se charger de faire la fortune de son jeune an-tagoniste, beaucoup mieux que ceux qui l’avaient engagé dansune carrière où il ne rencontrait jusqu’ici que des défaites.Alexandre avait, il est vrai, des engagements avec la Prusse,et il fallait que son honneur sortit sauf de cette situation.

Aussi Napoléon lui donna-t-il à entendre qu’il lui restitue-rait des États' prussiens, ce qu’il faudrait pour le dégagerhonorablement envers ses alliés; après quoi le cabinet russeserait libre de se livrer à une politique nouvelle, seule vraie,seule profitable , semblable en tout à celle de la grande Ca-therine.

Cet entretien, qui avait duré plus d’une heure, et qui avaittouché à toutes les questions sans les approfondir, émut vive-ment Alexandre. Napoléon venait de lui ouvrir des perspecti-ves nouvelles, ce qui plaît toujours à une âme mobile, et sur-tout mécontente. Plus d’une fois, d’ailleurs, Alexandre, aumilieu de ses défaites, sentant vivement les inconvénients decette guerre acharnée, dans laquelle on l’avait entraîné contrela France, et les avantages d’un système d’union avec elle,s’était dit une partie de ce que Napoléon venait de lui dire,

Mais pas avec cette clarté, cette force, et surtout cette séduc-tion d’un vainqueur, qui se présente au vaincu les mains plei-nes de présents, la bouche remplie de paroles caressantes.Alexandre fut séduit; Napoléon le vit bien, et se promit derendre bientôt la séduction complète.

Après avoir flatté le monarque, il voulut flatter l’homme.

Nous nous entendrons mieux, lui dit-il, vous et moi, entraitant directement, qu’en employant nos ministres, qui sou-tient nous trompent, ou ne nous comprennent pas, et nousAvancerons plus les affaires en une heure, que nos négocia-