FONTAINEBLEAU.
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batailles générales, il fallait néanmoins des forces encore très- JuMet îeoconsidérables pour faire la guerre avec de petites divisions.
Ensuite notre matériel était trop défectueux comparativementà celui de l'ennemi; et, bien que nos matelots, jamais infé-rieurs en courage, le fussent beaucoup en expérience, le ma-tériel qu’ils maniaient était encore plus en défaut que leursavoir-faire. Leurs bâtiments résistaient à la tempête beaucoupmoins qu’ils n’y résistaient eux-mêmes. Dans l’ouragan du19 août, qui avait détruit la division Willaumez et gravementmaltraité la division L’IIermille, les Anglais avaient mieuxsupporté que nous le coup de vent, parce que leur gréementétait non-seulement mieux manié, mais de qualité fort supé-rieure. Plus nombreux, mieux équipés, ils étaient certainsque parmi eux il en échapperait toujours assez aux dangersde la mer pour réduire nos vaisseaux, les uns à se rendre,les autres à s’échouer, les autres à fuir en Europe. Mais l’in-fériorité du nombre, celle du matériel n’étaient pas, suivantl’amiral Decrès, les seules causes de nos malheurs. En sortantdu port de Brest où ils avaient été choisis avec soin dans uneescadre considérable, les vaisseaux de la division Willaumezn ’étaient pas inférieurs en qualité aux bons vaisseaux anglais.
Mais dix mois de navigation continue sans trouver de relâches hre, bien approvisionnée en vivres et en moyens de rechange,les avaient mis hors d’état, soit d’échapper par leur marchea une escadre plus forte, soit de résister à une tempête, soitde poursuivre leur croisière sans renouveler leurs provisionsde bouche, ce qui les exposait à être découverts par l’ennemi.
■^■Ussi l’amiral Decrès écrivait-il le 23 octobre 1806 à Napo-léon : « Après une navigation de dix mois, les vergues et
* mà ts de hune se cassent, les gréements se relâchent et
* s usent d’autant plus qu’on ne peut suivre leurs réparations9 S ra duelles en pleine mer; les bas mâts consentent, les vais-
* seaux se délient, et il est sans exemple que des bâtiments
* aient tenu la mer aussi long-temps, sans s’étre donné le