Band 
[Vol. 4.]
Seite
52
JPEG-Download
 

52

LIVRE XXVIII.

Août 1807. des suppléants, sous les titres de vice-connétable , de vice-grand-électeur, de vice-chancelier d’État, et que si, à la vérité,ces fonctions fort peu actives n’exigeaient guère un doubletitulaire, on ne pouvait trop multiplier les grandes chargesdestinées à récompenser les services éclatants. M. de Talley-rand aurait voulu devenir vice-grand-électeur, et, laissant àun ministre des affaires étrangères le soin vulgaire d’ouvriret d’expédier des dépêches, continuer à diriger lui-même lesprincipales négociations. 11 n’avait négligé, pendant son séjourà l’armée, aucune occasion d’entretenir l’Empereur de ce sujet,ne cessant de prôner les avantages de ces nouvelles créations,et alléguant, pour ce qui le concernait en particulier, son âge,ses infirmités, ses fatigues, son besoin de repos. Il avait, àforce d’insistance, obtenu une sorte de promesse, que Napo-léon s’était laissé arracher à contre-cœur; car il ne voulaitpas que les grands dignitaires exerçassent des fonctions actives,vu que, participant en quelque sorte à l’inviolabilité du sou-verain, ils n’étaient guère faits pour être responsables. Napo-léon au contraire tenait essentiellement à pouvoir destituerles personnages revêtus de fonctions actives, et il répugnaitsurtout à placer dans une position de demi-inviolabilité u°personnage dont il se défiait, et qu’il croyait prudent de ga r 'der toujours sous sa main toute-puissante.

A peine de retour à Paris, au moment où chacun allait re 'cevoir la récompense de ses services pendant la derniè 1 " 6guerre, M. de Talleyrand se présenta à Saint-Cloud, pour rap'peler à Napoléon ses promesses. L’archichancelier Cambacérèsétait présent. Napoléon laissa percer un mécontentement trèsvif. — Je ne comprends pas, dit-il brusquement à M. deleyrand, votre impatience ii devenir grand dignitaire, et ‘quitter un poste où vous avez acquis votre importance, etje n’ignore pas que vous avez recueilli de grands avantage

(allusion aux contributions qu’on disait avoir été levées sur

xr deV ei

princes allemands, à l’époque des sécularisations). Vous