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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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C’est à l’aide de ces diverses combinaisons qu’en août 1807,le Trésor français était parvenu à recouvrer 100 millions, surles 141 composant l’énorme débet des négociants réunis. Larentrée des 41 millions restants était assurée, à 4 ou 5 mil-lions près, et à des termes très-rapprochés.

Le Trésor obéré dans l’hiver de 1806, bientôt soulagé parles secours métalliques que Napoléon avait tirés de l’étranger,par le retour de la confiance, par le payement intégral de l’ar-riéré des budgets, par le recouvrement presque total du débetdes négociants réunis, n’avait eu à pourvoir, en 1807, qu’àune petite partie de ce débet, et aux 124 millions d’obliga-tions ordinairement recouvrables dans l’exercice suivant, cequi était facile, comme nous l’avons déjà dit, l’acquittementde la dépense étant presque autant retardé que celui de l’impôt.Aussi l’Empereur avait-il pu exiger et obtenir que la solde dela grande armée, qui représentait 3 à 4 millions par mois, etdont il avait dispensé le Trésor de faire le versement immé-diat, s’accumulât peu à peu à Erfurt, à Mayence, à Paris, et yformât un dépôt en numéraire déplus de 40 millions, précau-tion excessive qui prouve combien était prudent à la guerrecet homme si imprudent dans la politique 1 .

Mais une institution nouvelle, qui était le complément né-cessaire de notre organisation financière, facilita dès 1806 lesopérations du Trésor, et y fit régner dans le courant de 1807une abondance jusque-là inconnue. D'après le système pro-posé par M. Gaudin au Premier Consul le lendemain du 18 bru-maire, système suivi jusqu’en 1807, les receveurs généraux

1 Les details que je rapporte ici peuvent paraître minutieux, mais ils aiesemblent indispensables pour faire connaître la marche de nos finances, l'ha-bileté administrative de Napole'on et de ses agents, le temps singulierdans lequel ils vivaient. Ces détails, et surtout ceux qui vont suivre sur lacréation du nouveau système de trésorerie, sont extraits, non des publica-tions officielles, dcvenue v s fort rares à cette époque, restées d’ailleurs très-incomplètes, et surtout parfaitement muettes sur les moyens d’exécution,mais des Archives memes du Trésor. J’ai fait sur ces archives, avec l’autori-sation de MM. les ministres des finances lîuwann et Dumon, un travail con-

Août 1807.

Créationde la caissede service.