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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Août 1807.

Création«le la caissed’Alexandriepour lesdépartementssitués au delàdes Alpes.

intéressé à se débarrasser de fonds inutiles, cherchait à lesdiriger sur Paris ou sur d’autres points, et chargeait de mé-taux les voitures publiques, tandis que si le compte couranteût existé, de simples écritures auraient suffi, et eussentdispensé le Trésor d’envoyer du numéraire dans les départe-ments, et les départements d’en envoyer à Paris.

M. Mollien ne s’était pas borné à la création d’une caisse deservice au centre de l’Empire ; il en avait institué une sem-blable dans les départements situés au delà des Alpes. Làplus encore que dans l’ancienne France, se rencontrait lafâcheuse contradiction de fonds stagnants chez les comptablesavec des besoins pressants auxquels il fallait pourvoir par desenvois de numéraire. Pour faire cesser ce grave inconvénient,M. Mollien établit, non pas à Turin, mais à Alexandrie, dansl’enceinte de la grande forteresse construite par Napoléon,une caisse de virements, à laquelle tous les comptables de laLigurie, du Piémont et de l’Italie française, devaient verserleurs fonds, et qui à son tour les dirigeait vers les lieux oùexistaient des besoins, à Milan surtout, où il y avait à payerl’armée française. Cette caisse, placée sous la direction d’unagent habile, M. Daucliy, avait bientôt produit les mêmesavantages que celle qu’on avait instituée à Paris, c’est-à-direrendu le service facile, les ressources abondantes, les envoisde numéraire inutiles; et c’était la peine, en vérité, d’ap-porter un tel ordre dans cette partie des finances de l’Empire,car l’Italie française (nous entendons par ce nom celle quiétait convertie en départements, et non celle qui était consti-tuée, sous le prince Eugène, en État allié mais indépendant),l’Italie française rapportait à cette époque jusqu’à 40 millions,dont 18 étaient consacrés à payer l’administration locale, lajustice, la police, les routes; et 22 millions restaient, soitpour la construction des places fortes, soit pour contribuer àl’entretien des 120 mille hommes qui fermaient aux Autri-chiens les routes de la Lombardie.