FONTAINEBLEAU.
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Napoléon avait suivi attentivement, tandis qu’il faisait laguerre au Nord, la marche et les progrès de ces nouvellescréations financières; et à son retour, le jour même où lesministres étaient venus saluer en lui l’heureux vainqueur ducontinent, il avait félicité M. Mollien avec une sorte d’effusion.Ne voulant jamais faire le bien à demi, il se proposait derendre plus complète encore ce qu’il appelait l’émancipationdu Trésor. La nouvelle caisse de service, moyennant l’em-prunt flottant de 80 millions dont il vient d’être parlé, étaitpresque dispensée, sauf dans certains besoins pressants, pourlesquels elle s’adressait à la Banque, de recourir à l’escomptedes obligations et bons à vue. Mais Napoléon résolut d’assurerses ressources d’une manière définitive, à l’aide d’une com-binaison dont il avait déjà eu l’idée lorsqu’il bivouaquait aumilieu des neiges de la Pologne. La somme des obligations etbons à vue, dont l’échéance n’arrivait que dans l’année sui-vante, et qu’il fallait dès lors escompter, s’élevait à 124 mil-lions environ. Il est vrai que la dépense comme la recette nes’acquittait pas dans Tannée. Mais Napoléon voulait autant quepossible faire solder la dépense dans l’année même, et pourcela réaliser dans le même intervalle de temps les revenus del’État. Conformément à ce qu’il avait imaginé en Pologne, ilvoulut que les obligations de 1807, qui ne devaient échoirqu’en 1808, fussent abandonnées à l’exercice 1808; que cellesde 1808, qui ne devaient échoir qu’en 1809, fussent aban-données également à 1809, de façon que chaque exercicen’eût que des valeurs échéant dans les douze mois de sa du-rée. Mais pour qu’il en fût ainsi, il fallait fournir à 1807 l’équi-valent des 124 millions de valeurs reportées sur les exercicessuivants. Napoléon résolut de faire à la caisse de service unprêt de 124 millions, qui pouvait être définitif, grâce auxressources dont il disposait. Après diverses combinaisons, ils’arrêta à l’idée de faire fournir 84 millions, sur les 124, parle trésor de l’armée, et les 40 restants par les établissements
Août 1807.
Prêt
permanent
de
124 millionsfait par le tre'-sor de l’arme'eà la caissede servicepour assurerdéfinitivementses
ressources.