FONTAINEBLEAU.
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ments, à des intervalles de temps éloignés, et sans y joindreun journal quotidien de leurs opérations. Les comptables in-férieurs qui leur versaient les fonds, les payeurs qui les rece-vaient de leurs mains pour les appliquer aux dépenses del’État, et qui étaient les uns et les autres leurs contradicteursnaturels, n’envoyaient pas non plus le journal de leurs opéra-tions. ils n’adressaient tous que des résultats généraux, quiétaient recueillis plus tard, et trop tard pour que la compta-bilité générale fût à même, en les comparant, d’apurer lecompte de chacun. Aussi les receveurs généraux pouvaient-ils se constituer en débet, sans que le Trésor le sût, et, cequi est pire, sans qu’ils le sussent eux-mémes. Lorsqu’il yavait, en effet, tel d’entre eux qui percevait dans l’annéetrente à quarante millions, il lui était bien facile, sur pareillesomme, de retenir annuellement deux ou trois cent millefrancs, et, en gagnant ainsi quatre ou cinq années sans réglerson compte, d’accumuler trois ou quatre débets ensemble, etde s’arriérer avec le Trésor d’un ou de plusieurs millions.11 y en avait qui devaient 12, 15, 18 cent mille francs, et quiles employaient ou à faire des spéculations aventureuses, ouà s’engager dans de folles dépenses, ou même, se croyantriches avant de l’étre, à acheter des propriétés qui devenaientpour eux des causes de ruine, parce qu’elles n’étaient pas enrapport avec leur fortune véritable. Une enquête sévèreprouva que beaucoup d’entre eux se trouvaient dans ces di-verses situations. Les receveurs généraux qui ne trompaientpas le Trésor, ou qui, en le trompant, ne se trompaient paseux-mêmes, étaient ceux qui, sans le dire, faisaient usagepour leur propre compte de la comptabilité quotidienne, rigou-reuse, contradictoire, que le commerce emploie sous le titred’écritures en partie double, et que M. Mollien venait d’intro-duire tant à la caisse d’amortissement qu’à la caisse de ser-vice. Cette circonstance, bientôt constatée par les inspecteursdu Trésor, suffisait pour servir de leçon décisive et au mi-
Aoùt 1807.
Créationd'un bureauspécial pourl'introductionde la nouvellecomptabilité.