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[Vol. 4.]
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I.IVKK XXVliï.

Anît ieb7. nistre, et à Napoléon lui-même, toujours informé de ce qui sepassait dans l’administration. M. Mollien, n’osant pas changersur-le-champ la comptabilité de l’Èmpire, ni éteindre unelumière, quelque obscure qu’elle fût, sans auparavant enavoir fait luire une nouvelle, imagina de créer Une secondecomptabilité à côté de l’ancienne, et concurremment avec elle.11 institua auprès de lui un bureau de comptabilité, dirigé parun comptable exercé lui adjoignit des teneurs de livrespris dans diverses maisons de commerce, et une quantité dejeunes gens qui appartenaient à de vieilles familles de finan-ces, quelques-uns même qui étaient fils de ces fermiers géné-raux dont la révolution avait fait tomber la tête. 11 fit tenirpar ce bureau des écritures en partie double avec plusieursreceveurs généraux, qui, n’ayant pas l’intention de déroberla vérité au Trésor, cherchaient, au contraire, les meilleursmoyens de la connaître. Quelques autres qui, sans mauvaiseintention, n’avaient de raisons d’éloignement pour le nouveaumode d’écritures, que Sa nouveauté et leur ignorance, reçurentdes jeunes gens tirés du bureau créé à Paris, pour leurenseigner à s’en servir. Enfin on l’imposa à ceux qu’on sus-pectait. Il fallut fort peu de temps pour reconnaître que beau-coup de comptables étaient en débet, les uns par aveuglementsur leur situation, les autres par l’entrainement des faussesspéculations ou d’un luxe exagéré. Il y en avait qui avaientfini par regarder leurs débets, reportés depuis longues annéesd’un exercice sur l’autre, comme un capital à eux apparte-nant, et qui avaient acquis des terres en proportion d’unefortune qu’ils croyaient avoir, et qu’ils n’avaient pas. Plusieursfurent obligés de livrer le secret de leurs relations avec lesriches spéculateurs de Paris, et on découvrit ainsi que leursfonds, c’est-à-dire ceux de l’État, avaient servi à l’agiotagesur les obligations et bons à vue . agiotage qui coûtait au Tré-

1 M. île Sain't-bidter.