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LIVRE XXVIII.
Août 1807.
Récompenseaccordéepar Napoléonà M.Mollienpour
ses réformesfinancières.
Créationde la Courdes comptes.
surpris en faute, punir que la mauvaise foi évidente, maispardonner ou les inexactitudes involontaires, ou les lenteurs,suite d’anciennes habitudes ; car la mauvaise méthode avaitété le complice et le séducteur des mauvais comptables, etétait plus coupable qu’eux. En conséquence, excepté troisreceveurs généraux qu’on frappa de destitution, les autresfurent ramenés à de meilleures habitudes, mais non privésde leur charge.
Napoléon, charmé de ce bel ordre, voulut récompenser leministre qui l’avait établi, et qu’il avait du reste puissammentsecondé par son approbation, par la force qu’il lui avait prêtéecontre des résistances intéressées. N’approuvant pas toujoursses idées en fait d’économie publique, quoiqu’il approuvâttoutes ses idées en fait de comptabilité financière, il avait unjour au Conseil d’Etat lancé quelques traits acérés contre les no-vateurs. M.Mollien avait cru que ces traits étaient dirigés con-tre lui, et s’en était plaint dans une lettre respectuesse, maisempreinte du chagrin qu’il avait ressenti. Napoléon se hâta delui répondre en termes pleins de noblesse et de cordialité, etde lui exprimer sa haute estime, et son regret d’avoir été malcompris. Puis il lui adressa l’une des grandes décorationsqu’il distribuait à ses serviteurs, et une somme considérablepour acheter une terre, dans laquelle ce ministre passe au-jourd’hui les dernières années d’une vie utile et justementhonorée.
Une seule institution manquait encore pour que l’adminis-tration de la France ne laissât plus rien à désirer. On avaitréuni dans la comptabilité centrale, comme dans un foyer oùdes rayons lumineux viennent se concentrer pour répandreplus d’éclat, tous les moyens de contrôle et de constatationmathématique. Mais cette comptabilité n’avait qu’une autoritépurement administrative. Ses décisions à l’égard des compta-bles étaient insuffisantes dans certains cas, pour les contrain-dre ou pour les libérer, et, à l'égard du pays, elles n’avaient