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LIVRE XXVIII.
Août 1807.
M. de Marhoistire
de sa disgrâcepourprésiderla Courdes comptes.
thèque légale mise sur tous leurs biens. La nouvelle Courreçut le pouvoir d’arbitrer à l’égard de ces comptabilitésarriérées, tandis que pour les comptes nouveaux elle devaits’en tenir à l’application rigoureuse des lois. Elle s’acquittabientôt de cet arbitrage, avec autant de justice qu’elle en mon-tra depuis dans l’application pure et simple des lois de finan-ces, dont elle a la garde, comme la Cour de cassation a lagarde des lois civiles et criminelles de notre pays.
Cette institution, qui devait avoir des résultats si utiles etsi durables pour l’administration tout entière, eut encorel’avantage secondaire de fournir des emplois honorables etlucratifs aux membres les plus distingués du Tribunat, queNapoléon tenait à placer d’une manière convenable, car dansses conceptions tout se liait et s’enchaînait fortement. Il com-posa donc la nouvelle Cour des comptes avec les membresde la commission de comptabilité qui venait d’être supprimée,et avec les membres du Tribunat qui venait d’ètre suppriméégalement. MM. Jard-Panvilliers, Delpierre, Brière de Surgy,les deux premiers membres du Tribunat, le troisième membrede la commission de comptabilité, furent nommés vice-prési-dents de la nouvelle Cour. M. Garnier, membre de la com-mission de comptabilité, en fut nommé procureur général.Restait à pourvoir à la charge importante de premier prési-dent. C’était le cas de réparer envers un homme respectableles rigueurs passagères dont il avait été l’objet. Cet hommeétait M. deMarbois, destitué en 1806 des fonctions de ministredu Trésor, pour avoir manqué de finesse et de fermeté dansses relations avec les négociants réunis. Napoléon avait eutort d’attendre de lui ces qualités, et de le punir parce qu’ilne les avait pas. Il répara ce tort, en le mettant à sa véritableplace, celle de premier président de la Cour des comptes, carM. de Marbois était bien plus fait pour être le premier magis-trat de la finance que pour en être l’administrateur actif etavisé.