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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

\mit i« 07 . Napoléon, néanmoins ils avaient de la peine à pénétrer, etbeaucoup plus encore à circuler. Les fils et les étoffes de co-ton, qui, grâce aux lois prohibitives rendues alors en France,avaient été fabriquées avec bénéfice, en grande quantité, etavec un commencement de perfection, remplaçaient les pro-duits anglais du même genre, passaient le Rhin à la suite denos armées, et se répandaient en Espagne, en Italie, en Al-lemagne. Nos soieries, sans rivales dans tous les temps, rem-plissaient les marchés de l’Europe, ce qui causait à Lyon unesatisfaction générale. Nos draps, qui avaient l’avantage de lamatière première, depuis que les laines espagnoles manquaientaux Anglais et surabondaient pour nous, chassaient les drapsanglais de toutes les foires du continent, car ils avaient lasupériorité, non-seulement de la qualité, mais de la beauté.Ce n’étaient pas, au surplus, nos produits seuls qui gagnaientà l’exclusion des produits anglais. La Saxe, la plus industrieusedes provinces allemandes , envoyait déjà des charbons parl’Elbe à Hambourg, des draps fabriqués avec les belles lainessaxonnes sur des marchés où ils n’avaient jamais pénétré, etles métaux de l’Erzgebirge partout où manquaient les métauxde l’Amérique. Nos fers et les fers allemands profitaient aussibeaucoup de l’exclusion des fers anglais et suédois, et se per-fectionnaient à vue d’œil.

Napoléon s’efforcait de favoriser, par la puissance de lamode, puissance légère et fantasque, qui partage avec la saintepuissance de la conscience le privilège d’échapper au pouvoir,mais qui cependant obéit volontiers à la gloire, Napoléons’efforcait par cette puissance de faire prévaloir l’usage desproduits fabi’iqués avec des matières d’origine continentale.Il voulait qu’on préférât par exemple la toile et le linon, com-posés de chanvre et de lin, à la mousseline fabriquée avec ducoton. Il voulait aussi qu’on préférât la soierie au simple drap,ce qui devait entraîner un"retour vers le luxe de l’ancien ré-gime , vers ce temps où les hommes, au lieu de se vêtir de la