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LIVRE XXVIII.
Août 1807.
Préparation
du
nouveau Coded* commerce,
Dotationsaccordéesaux générauxet soldats,ainsi qu’auxfonctionnairesde l’ordre ,civii.
secondaires mais spéciaux, a passé à côté de génies supé-rieurs sans attirer leur attention. La poudre à canon, qui, endétruisant à la guerre l’empire de la force physique, contri-bua si puissamment à une révolution dans les mœurs euro-péennes, fut non-seulement odieuse à l’héroïque Bayard, maisinspira le dédain de Machiavel, ce juge si profond des choseshumaines, cet auteur, si admiré par Napoléon, du traité surla guerre, et fut considérée par lui comme une invention éphé-mère et de nulle conséquence.
Pensant qu’une bonne législation est, avec les capitaux etles débouchés, le plus grand bien qu’on puisse procurer aucommerce, Napoléon avait ordonné à l’archichancelier Camba-cérès de faire préparer un code commercial. Ce code venaiteffectivement d’être rédigé. On en avait emprunté le fond auxnations maritimes les plus célèbres, et la forme simple et ana-lytique à l’esprit français, qui, plus que jamais, brillait sousce rapport dans la rédaction des lois, parce que, conçues surun plan uniforme et vaste, soigneusement remaniées dansleur rédaction au Conseil d’État, elles n’étaient jamais retou-chées par le Corps Législatif, qui les adoptait ou les rejetaitsans amendement. Ce code, tout préparé au moment du retourde Napoléon, devait, avec les autres mesures dont nous ve-nons de parler, être présenté au Corps Législatif dans la courtesession qui se préparait.
Il était temps que Napoléon accordât enfin à ses glorieux ,soldats les récompenses qu’il leur avait promises, et qu’ilsavaient si bien méritées durant les deux dernières campagnes.Mais ce fut dans la forme même de ces récompenses qu’il fitsurtout éclater son génie organisateur et puissant. Il se seraitbien gardé, en effet, de leur jeter les dépouilles des vaincus,pour qu’ils les dévorassent dans une orgie. Il voulait avec cequ’il leur donnerait fonder de grandes familles, qui entouras-sent le trône, concourussent à le défendre, contribuassent èl’éclat de la société française, sans nuire à la liberté publique,