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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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sans entraîner surtout aucune violation des principes d’égalité Anùt 1807 ■proclamés par la révolution française. L’expérience a prouvéqu’une aristocratie ne nuit point à la liberté d’un pays, carl’aristocratie anglaise n’a pas moins contribué que les autresclasses de la nation à la liberté de la Grande-Bretagne. La ^raison dit encore qu’une aristocratie peut être compatible avec jle principe de l’égalité, à deux conditions : premièrement, que iles membres qui la composent ne jouissent d’aucuns droitsparticuliers, et subissent en tout la loi commune; seconde-ment, que les distinctions purement honorifiques accordées àune classe, soient accessibles à tous les citoyens d’un mêmeEtat, qui les ont achetées par leurs services ou leurs talents. 1C’est là ce qu’il y avait de raisonnable dans les vœux de larévolution française, et c’est là ce que Napoléon entendaitmaintenir invariablement. Cependant, à notre avis, dans lessociétés modernes, où l’envie est soulevée contre les institu-tions aristocratiques , ce qu’un gouvernement sensé a demieux à faire, c’est de laisser les lois de la nature humaineagir, sans s’en mêler aucunement. Elles ramènent l’hommelibre à Dieu, et, après Dieu, à un autre culte, celui des an-cêtres. Quoi qu’on fasse ou qu’on ne fasse pas, le grand guer-rier, le grand magistrat, le savant illustre, légueront à leursdescendants une considération qui les fera distinguer de lafoule, et qui leur épargnera, quand ils auront du mérite, laplus sérieuse des difficultés que rencontre le mérite en cemonde, celle d’attirer le premier regard du public. Les loisn’ont pas besoin d’intervenir pour qu’il en soit ainsi, car cene sont pas les lois écrites, c’est la nature qui a produit l’aris-tocratie de tous les pays, et surtout celle des républiques. Lanature avait créé l’aristocratie de Venise, bien avant que celle-cisongeât à s’attribuer par les lois des droits particuliers. C’estune chose dont il n’y a pas à se mêler, si on y a goût. Letemps fait partout des aristocraties; il n’y a qu’à s’épargner leridicule d’en faire soi-même, et tout au plus à les empêcher,