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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Àodt 1807.

I

ce dont elles ne seront plus tentées à l’avenir, de s’arrogerdes privilèges exclusifs.

S’il y avait cependant un souverain dans le monde qui putéchapper au ridicule ou à l’odieux qu’excite quelquefois l’éta-blissement d’institutions aristocratiques, c’était celui qui osaitet pouvait rétablir la monarchie le lendemain de la République,la différence des rangs non celle des droits), le lendemaind’une brutale égalité ; qui dans sa vaste imagination rêvait unesociété grande comme son génie et son âme, et qui avait, pourcréer de puissantes familles, des noms immortels et des tré-sors; qui pouvait les appeler Rivoli, Castiglione, Montebello,Elchingen, Awerstaedt, et leur donner jusqu’à un million derevenu annuel. Il était donc excusable, car il ne voulait pasvioler les vrais principes de la Révolution française, et ilcroyait au contraire les consacrer d’une manière éclatante, enfaisant, à l’image de sa propre fortune, un duc, un prince,avec un enfant de la charrue. Une dernière considération enfinse présentait ici pour désarmer la raison la plus sévère, c’étaitde se ménager des moyens innocents et inoffensifs d’exciteret de récompenser les grands dévouements ’.

Napoléon profita donc de la gloire de ïilsit, et du prestigedont il était entouré en ce moment, pour accomplir enfin leprojet qu’il méditait depuis long-temps d’instituer une noblesse.Déjà, en 1806, lorsqu’il avait donné des couronnes à sesfrères, à ses soeurs, à son fils adoptif, des principautés à plu-sieurs de ses serviteurs, celle de Ponte-Corvo au maréchalBernadotte, celle de Bénévent à M. de ïalleyrand, celle deNeufchàtel au major-général Berthier, il avait annoncé qu’unstatut postérieur réglerait le système des successions pour lesfamilles en faveur desquelles seraient créés des principautés,des duchés, et autres distinctions destinées à être hérédi-

1 Ces lignes ont été écrites en 1846, sous la monarchie. Je les ai écritesparce que je les ai crues vraies dans tous les temps. Je ne les changeraidonc pas, quoique les temps aient changé.