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LIVRE XXVIII.
Août 1807. dont notre planète est couverte, étudiant, comparant entreeux les cadavres des animaux et des plantes enfouis sous lesol, retrouvait la succession des temps dans celle des êtres,et, en créant l’ingénieuse science de l'anatomie comparée, ren-i dait positive cette belle histoire de la terre, que Buffon a vaitj conjecturée par un effort de génie,et laissée conjecturale, fautede faits suffisamment observés à l’époque où il vivait——Dans les arts du dessin, une réaction estimable par l’inlen-Êtat des arts, tiou s’était opérée contre les goûts du dix-huitième siècle.
Durant ce siècle efféminé et philosophe, Boucher , le peintreadoré de la Régence, avait d’une main légère tracé sur la toilede licencieuses courtisanes, remarquables non par la beauté,mais par une certaine grâce lascive. Greuze*. plus honnête-ment inspiré, leur avait opposé des vierges charmantes,peintes avec un pinceau fin et suave. Mais l’art abaissé parBoucher n’avait pas été relevé par Greuze à la dignité de styleque P oussij3 u.à défaut de génie, avait su lui conserver. Il n’estpermis qu’une fois et qu’à une nation de montrer au mondele génie de Michel-Ange et de Raphaël, mais toutes, quandelles pratiquent les arts, doivent aspirer au moins à la cor-rection, à la noblesse du dessin, et peuvent y arriver par desévères études. C’est ce que venait d’accomplir le célèbrepeintre David. Dégoûté du caractère de l’art au temps de sajeunesse", il était accouru à Rome, s’y était épris de la beautétouchante* pittoresque et sublime des maîtres italiens, et, sapassion pour le beau s’exaltant peu à peu, il était remontédes Italiens du quinzième siècle aux anciens eux-mêmes, et,au lieu des courtisanes de Boucher, ou des pudiques jeunesfilles d e Gre uze, il avait tracé sur la toile des statues antiques,élégantes mais roides, privées de vie, même de couleur, et,en acquérant un meilleur style de dessin, avait perdu la faci-lité et l’éclat de pinceau qui distinguaient encore Boucher etGreuze. C’était une écolo d’imitation, grave, noble, et sansgénie. Un peintre toutefois, M. Gros, échappait à l’imitation