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[Vol. 4.]
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LIVRE XWIH.

Août 1807. moins belle que la littérature qui s’attache à la peinture ducœur humain. On l’avait vue ainsi varier à l’infini les produc-tions de son esprit, et ne jamais tarir, comme cette fontaineoù les anciens faisaient abreuver le génie, et qui versait surj le monde un flot perpétuel. Mais, tout à coup, après une ré-I volution immense, la plus humaine par le but, la plus terrible! par les moyens, la plus vaste par ses conséquences, l’esprit■' français, qui l’avait voulue, appelée et produite, se montraitsurpris, troublé, épouvanté de son œuvre, et pour ainsi dire‘ épuisé. La littérature française, à la suite de la révolution de1789, malgré l’influence de Napoléon, demeurait nulle et sansinspiration. La tragédie, déjà bien déchue, même lorsque Vol-taire peignait dans Zaïre les combats de la religion et de l’a-mour, se traînait, demandant tantôt à la Grèce, tantôt à l’An-gleterre, tantôt à Sophocle, tantôt à Shakspeare, des inspira-tions, qu’il vaut mieux attendre de la nature, qui ne viennentpas quand on les cherche, car le génie vraiment inspiré n’apas besoin d’excitation étrangère. Sa propre plénitude lui suffit.M. Chénier imitait, en un style noble et pur, la tragédie grecque;M. Ducis, en un style incorrect et touchant, la tragédie anglaise.La comédie, dont M. Picard était alors en France le continua-teur le plus renommé, peignait, sans profondeur, mais avecquelque gaieté, des caractères indécis, les grands caractèresayant été tracés pour jamais par Molière, et par un ou deuxde ses disciples. La chaire avait perdu son autorité; la tribuneétait muette. Il n’y avait d’autre éloquence que celle de M. Ré-gnault, exposant en un style brillant et facile les menues affai-res du temps, et celle de M. de Fontanes, exprimant quelque-fois à la tête des corps de l’État, et en un style correct, élé-gant et noble, grand de la grandeur des événements plus quede celle de l’écrivain, l’admiration de la France pour les pro-i diges du règne impérial. L’histoire enfin manquait de liberté,\ manquait d’expérience , et n’avait pas encore contracté ce goûtule recherches qui l’a distinguée depuis.