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[Vol. 4.]
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La littérature française ne retrouvait une originalité véri- Août 1*7.table, une éloquence touchante, que lorsque M. de Chateau-briand, célébrant les temps d’autrefois, s’adressait, commenous l’avons dit ailleurs, à cette mélancolie vraie du cœur hu-main, qui regrette toujours le passé quel qu’il soit, même lemoins regrettable, uniquement parce qu’il n’est plus. Cepen-dant le siècle avait un écrivain immortel, immortel commeCésar : c’était le souverain lui - même, grand écrivain, parcequ’il était grand esprit, orateur inspiré dans ses proclama-tions, chantre de ses propres exploits dans ses bulletins, dé-monstrateur puissant dans une multitude de notes émanéesde lui, d’articles insérés au Moniteur, de lettres écrites à sesagents, qui, sans doute, paraîtront un jour, et qui surpren- idront le monde autant que l’ont surpris ses actions. Coloré jquand il peignait, clair, précis, véhément, impérieux quand iil démontrait, il était toujours simple comme le comportait le irôle sérieux qu’il tenait de la Providence, mais quelquefoisun peu déclamateur, par un reste d’habitude, particulière à,tous les enfants de la Révolution française. Singulière destinéede cet homme prodigieux, d’être le plus grand écrivain ddson temps, tandis qu’il en était le plus grand capitaine, leplus grand législateur, le plus grand administrateur! La na-tion lui ayant, dans un jour de fatigue, abandonné le soin dovouloir, d’ordonner, de penser pour tous, lui avait en quelquesorte, par le même privilège, concédé le don de parler,d’écrire mieux que tous.

Déjà à cette époque, dans cette agitation inquiète d’une lit-térature vieillie, qui cherche partout des inspirations, unedouble tendance littéraire se faisait remarquer. Les uns vou-laient remonter au dix-septième siècle et à l’antiquité, commeà la source de toute beauté ; les autres voulaient demander àl’Angleterre, à l’Allemagne, le secret d’émotions plus fortes:tristes efforts de l’esprit d’imitation, qui change d’objet sansarriver à l’originalité qui lui est refusée! Napoléon, par goût