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LIVRE XXVIII.
Août 1807 . naturel pour le beau pur, et par un instinct de nationalité,repoussait ces tentatives nouvelles, préconisait Racine, Bos-suet, Molière, les anciens avec eux, et s’attachait à faire fleu-rir les études classiques dans l’Université. Enfin, cherchant àagir fortement sur l’esprit public, il imagina un moyen, à souavis le plus efficace de produire de bons ouvrages, c’était debien donner la réputation, de la donner justement, grande-ment, avec autorité. Dans un pays libre, des milliers d’écri-vains voués à la critique, éclairés ou ignorants, justes ou pas-sionnés, honnêtes ou vils, discutent les œuvres de l’esprit, etpuis, après un vain bruit, sont remplacés par le temps, quiprononce de la manière à la fois la plus douce et la plus sûre,en ne parlant plus de certaines œuvres, en parlant encore decertaines autres. Mais la liberté de discussion, Napoléon, enl'accordant pour les lettres, n’était pas même résolu pourelles à la souffrir tout entière ; et quant au temps, il était tropimpatient pour en attendre les décisions. Il imagina donc dedemander à chaque classe de l’Institut des rapports appro-fondis sur la marche des lettres, des sciences et des arts de-puis 1789, en signalent les tendances bonnes ou mauvaises,les œuvres distinguées ou médiocres, en distribuant la louangeRapports et le blâme avec une rigoureuse impartialité. Les rapports de-
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a "ciasses Ses va ' eni - être délibérés par chacune des classes, pour qu’ilssur'chaque eussent l’autorité d’un arrêt, présentés par l’un des hommes>ir Zt" éminents de l’époque, et lus devant l’Empereur au milieuc °h"mai'nés. eB du Conseil d’État, jugeant ainsi du haut du trône, encou-rageant par cette attention solennelle les œuvres de l’espritfrançais.
En conséquence, M. Chénier vint faire devant Napoléon, etdans une séance du Conseil d’Étal, un rapport simple, ferme,élevé, sur la marche des lettres depuis 1789. Napoléon, aprèsj cette lecture, répondit à M. Chénier par ces belles paroles:
I «Messieurs les députés de la seconde classe de l’Institut,
/ »Si la langue française est devenue une langue universelle,