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[Vol. 4.]
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L1VRK XXVIII.

S«pt. 1807.

Dispositionsmalveillantesde la nationrusse à l’egarddes

Français.

cette double illusion ; qu’il n’y avait que deux armées en Eu-rope qui méritassent d’étre comptées, l’armée russe et l’arméefrançaise; qu’il était inutile de les faire battre pour servir lacause d’une puissance perfide et égoïste comme la Grande-Bretagne, et qu’il valait mieux les unir dans un but communde paix et de grandeur : de paix, si le cabiuet de Londresvoulait enfin se désister de ses prétentions maritimes; degrandeur, s’il obligeait l’Europe à continuer encore la mêmevie de tourments et de sacrifices; que dans ce cas il fallaitque chacun songeât à soi, à ses propres intérêts, et qu’il étaittemps que la Russie songeât aux siens. Arrivé à ce point deses explications, Alexandre, n’osant dévoiler toutes les espé-rances que Napoléon lui avait permis de concevoir, ni surtoutavouer l’existence du traité occulte qu’on s’était ^promis detenir entièrement secret, prenait une attitude mystérieusemais satisfaite, laissait entrevoir tout ce qu’il n’osait pas dire,bien qu’il en fût fort tenté, et, parlant par exemple de la Tur-quie, déclarait assez ouvertement qu’on allait signe» un ar-mistice avec elle, mais qu’on se garderait d’évacuer les pro-vinces du Danube, qu’on y était pour long-temps, et qu’on nerencontrerait pas de difficulté à Paris au sujet de cette occu-pation prolongée.

Ges demi-confidences avaient plutôt excité une curiositéindiscrète et fâcheuse que gagné les esprits aux idées de l’em-pereur Alexandre. Il était du reste fort secondé par Al. de Ro-manzow, qui savait tout, qui avait servi Catherine, et héritéde son ambition orientale. Le ministre comme le souverainrépétait qu’il fallait prendre patience, laisser les événementsse dérouler, et qu’on aurait bientôt à donner la plus satisfai-sante explication du revirement de politique opéré à Tilsit.

Mais l’empereur n’était pas toujours écouté et obéi. Lepublic, étranger aux secrets de la diplomatie impériale, froissédes dernières défaites, montrait une attitude triste, et surtoutmalveillante à l’égard des Français. Les grands en particulier,»