150
LIVRE XXVIII.
.Sept. 1807.
Départde la flotteanglaise.
Division
navale
de'tachéc dansles deux lîcltspour
empêcher l’ar-me'e danoisede venirau secoursde
Copenhague.
adressa à la Russie une note, dans laquelle, parodiant l’ancienlangage de M. Pitt, on disait comme lui qu’on était tout prêtà la paix, mais qu’elle avait toujours manqué par la mauvaisefoi de la France, et que, ne voulant pas, après tant de négo-ciations infructueuses, donner dans un nouveau piège, ondésirait savoir sur quelles bases la Russie devenue médiatriceavait mission de traiter. C’était une réponse dilatoire, maisdont les actes postérieurs allaient fournir une interprétationcruellement négative.
L’amiral Gambier, commandant la flotte anglaise, et lelieutenant-général Cathcart, commandant les troupes de dé-barquement, mirent à la voile en plusieurs divisions, versles derniers jours de juillet. L’expédition partie des diversports de la Manche se composait de 25 vaisseaux de ligne,40 frégates, 377 bâtiments de transport. Elle portait environ20 mille hommes, et devait en trouver 7 ou 8 mille revenantde Stralsund. La flotte de guerre précédait la flotte de trans-port, afin d’envelopper l’île de Seeland, et d’empêcher leretour des troupes danoises vex's Copenhague. Cette flotte étaitle 1 er août dans le Cattégat, le 3 à l’entrée du Sund. Avant des’engager dans le Sund, l’amiral Gambier avait détaché, sousle commodore Keats, une division de frégates et de bricks,avec quelques vaisseaux de soixante-quatorze tirant peu d’eau,pour envahir les deux Belts, et y établir une croisière qui nepermît pas le passage d’un seul homme de la terre ferme dansl’île de Fionie, et de l’île de Fionie dans celle de Seeland.Cette précaution prise, la flotte franchit le Sund sans résis-tance , parce que le Danemark ne savait rien, et que la Suèdesavait tout. Elle jeta l’ancre dans la rade d’Elseneur, près dela forteresse de Kronenbourg restée silencieuse, et elle dé-pêcha un agent anglais pour adresser une sommation au princeroyal de Danemark, alors régent du royaume. L’agent choisiétait digne de la mission. C’était M. Jackson, qui avait étéautrefois chargé d’affaires en France, avant l’arrivée de lord