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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Sept. 1807. suis faible, changeant, entouré de ses ennemis, qu'il n’y a pasà compter sur moi. On me dira que Napoléon est insatiable,qu’il veut tout pour lui, rien pour les autres, qu’il est aussirusé que violent, qu’il me promet beaucoup, qu’il n’accorderarien; qu’il me ménage aujourd’hui, mais que lorsqu’il auratiré de moi ce qu’il en souhaite, il me frappera à mon tour,et que, séparé de mes alliés que j’aurai laissé détruire, ilfaudra me résigner au même sort. Je ne le crois point. J’ai vuNapoléon, je me flatte de lui avoir inspiré une partie des sen-timents qu’il m’a inspirés à moi-même, et je suis certain qu’ilest sincère. Mais lorsqu’on est loin , et qu’on ne peut pas sevoir, les défiances sont promptes à naître. Qu’au premierdoute, à la première impression pénible, il m’écrive, ou mefasse dire un mot par vous, ou par l’homme de confiance qu’ilaura choisi, et tout s’expliquera. Pour moi je lui promets unefranchise entière, et j’en attends une semblable de sa part.Oh! si je pouvais le voir comme à Tilsit, tous les jours, àtoute heure I quel entretien que le sien ! quel esprit ! quelgénie I combien je gagnerais à vivre souvent auprès de lui !que de choses il m’a enseignées en quelques jours 1 Mais noussommes si loin ! cependant j’espère le visiter bientôt. Au prin-temps j’irai à Paris, et je pourrai l’admirer dans son Conseild’Etat, au milieu de ses troupes, partout enfin où il se montresi grand ! Mais d’ici là il faut essayer de nous entendre parintermédiaire, et rendre la confiance aussi complète que pos-sible. Pour moi, j’y fais ce que je puis ; mais je n’exerce pasici l’ascendant que Napoléon exerce à Paris. Vous le voyez;,ce pays a été surpris par le changement un peu brusque quis’est opéré. Il craint les maux que l’Angleterre peut causer àson commerce, il vous en veut de vos victoires. Ce sont desintérêts qu’il faut satisfaire, des sentiments qu’il faut apaiser.Envoyez-nous ici des négociants français, achetez nos muni-tions navales et nos denrées; nous achèterons en retour vosproduits parisiens ; le commerce rétabli fera cesser les in-