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LIVRE XXVIII.
Octob. 1807.
Réponsedu Portugal àNapoléonsecrètementconcertéeavec
l'Angleterre.
pendamment du secours promis par les Espagnols. On avaitreçu de la cour de Lisbonne une réponse telle que Napoléonl’avait prévue, et telle qu’il la lui fallait après l’événement deCopenhague, pour se dispenser de tout ménagement. Le princerégent du Portugal, gendre, comme on sait, du roi et de lareine d’Espagne, n’en était pas moins par tradition héréditaireet par faiblesse personnelle le sujet dévoué de l’Angleterre.Ses ministres différaient d’avis, il est vrai, et quelques-unsd’entre eux pensaient que la dépendance de l’Angleterre n’étaitni le régime le plus souhaitable pour le Portugal, ni le moyenle plus assuré de vendre ses vins et de se procurer des blés.Mais les autres pensaient que vivre de l’Angleterre et parl’Angleterre était chose bonne en tout temps, et bien meilleuredepuis que la France était entrée dans la carrière des révolu-tions, et qu’en se rapprochant d’elle on courait la chance dechanger non - seulement de régime industriel, mais de ré-gime social. Le prince régent, averti par M. de Lima, son am-bassadeur à Paris, et par M. de Rayneval, chargé d’affairesde France à Lisbonne, des volontés absolues de Napoléon,avait concerté avec le cabinet britannique la conduite à tenir,dans le double but de s’épargner la présence d’une arméefrançaise, et de faire essuyer aux intérêts anglais le moindredommage possible. En conséquence, on s’était entendu avecM. Canning, par l’intermédiaire de lord Strangfort, et on avaitpris le parti de concéder à la France l’exclusion apparentedu pavillon britannique, si même il le fallait, une déclarationde guerre simulée contre l’Angleterre ; mais de se refuser, àl’égard des négociants de celle-ci, à toute mesure contre lespersonnes et les propriétés, car Lisbonne et Oporto étaientdevenus de vrais comptoirs anglais, où négociants, capitaux,bâtiments, tout était anglais. Accorder l’arrestation des per-sonnes et la saisie des propriétés, comme le demandait Napo-léon, c’eût été porter dans ces comptoirs le ravage et la ruine.Cette réponse convenue, on espérait que, si la France s’en