FONTAINEBLEAU.
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contentait, le commerce du Portugal, si avantageux à l’activité Octob. 1807.britannique, si commode à la paresse portugaise, en seraitquitte pour une gêne momentanée, et que la marine royaleanglaise en serait quitte aussi pour aller directement de Ports-mouth à Gibraltar sans toucher à Lisbonne. Encore ne man-querait-elle pas, au besoin, de relâcher sur les points les moinsfréquentés des côtes du Portugal, en prétextant le mauvaistemps; de quoi la cour de Portugal s’excuserait en alléguantles lois de l’humanité. Si la France n’acceptait pas de tellesconditions, la cour de Lisbonne, plutôt que de rompre avecl’Angleterre, était résolue aux dernières extrémités, non pasà une lutte contre les troupes françaises (elle était incapablede ce noble désespoir), mais à une fuite au delà des mers.
Cette race de Bragance, vieillie comme sa voisine la racedes Bourbons d’Espagne, plongée comme elle dans l’ignorance,la mollesse, la lâcheté, avait pris en aversion et le siècle oùse passaient de si effrayantes révolutions, et le sol même del’Europe qui leur servait de théâtre. Elle allait dans sa hon-teuse misanthropie jusqu’à vouloir se retirer dans l’Amériquedu sud, dont elle partageait le territoire avec l’Espagne. Lesflatteurs de ses vulgaires penchants lui vantaient sans cessela richesse de ses possessions d’outre-mer, comme on vanteà un riche qu’on encourage à Se ruiner son patrimoine qu’ilne connaît pas. Ils lui disaient que ce n’était pas la peine decontester aux oppresseurs de l’Europe le petit sol, tour à tourrocailleux ou sablonneux, du Portugal, tandis qu’on avait audelà de l’Atlantique un empire magnifique, presque aussi grandà lui seul que cette triste Europe qu’un million d’avides sol-dats se disputaient; empire semé d’or, d’argent, de diamants,où l’on trouverait le repos, sans un seul ennemi à craindre.
Fuir le Portugal, en abandonner les stériles rivages aux An-glais et aux Français, qui les arroseraient de leur sang tantqu’il leur plairait, et laisser au peuple portugais, vieux com-pagnon d’armes des Bragance, le soin de défendre son indé-