FONTAINEBLEAU.
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Au lieu de profiter de l’avantage moral que lui donnait surl’Angleterre la honteuse violence commise par celle-ci contrele Danemark, il était décidé à ne plus s’imposer de ménage-ments envers les amis et les complaisants de la politique an-glaise, et à les détruire tous au profit de la famille Bonaparte,se disant qu’à la fin de la guerre il n’en serait ni plus ni moins;qu’un État de plus supprimé en Europe n’ajouterait pas auxdifficultés de la paix; que ce qui serait fait serait fait; qu’onadopterait, suivant l'usage, le status pressens comme base desnégociations, et que, si la face de la Péninsule était changée,on serait bien obligé de l’admettre telle qu’on la trouverait, etde la comprendre au traité général dans son nouvel état. Enconséquence, il résolut de s’approprier le Portugal, sauf à s’en-tendre avec l’Espagne, et même à s’en servir pour révolutionnerl’Espagne elle-même; car elle lui déplaisait, elle le gênait, ellele révoltait dans son état actuel, autant que les cours de Napleset de Lisbonne, qu’il avait déjà chassées, ou qu’il allait chas-ser de leur trône chancelant. Tel fut le commencement desplus grandes fautes, des plus grands malheurs de son règne!Notre cœur se serre en approchant de ce sinistre récit, car cen’est pas seulement l’origine des malheurs de l’un des hommesles plus extraordinaires, les plus séduisants de l’humanité,mais c’est l’origine des malheurs de notre patrie infortunée,entraînée avec son héros dans une chute épouvantable.
Napoléon ordonna donc à M. de Rayneval de quitter Lis-bonne , fit remettre à M. de Lima ses passeports, recommandaau général Junot de hâter la marche de ses troupes, et de n’é-couter aucune proposition, quelle qu’elle fût, sous le prétextequ’il ne devait se mêler en rien de négociations, et qu’il avaitpour mission unique de fermer Lisbonne aux Anglais. L’inten-tion de Napoléon, en faisant marcher sans relâche et sans ré-mission sur Lisbonne, était de saisir la flotte portugaise, et deconfisquer toutes les propriétés anglaises, tant à Lisbonnequ’à Oporto. Si la cour de Lisbonne prenait la fuite, il tenaittom. VIII. 43
Octob. 1807.
Ordre
à M. de Ray-nevalde quitterLisbonne,et à Junotde marcher eutoute hâtevers le Tage.