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LIVRE XXV1I1.
Octob. 1807.
Opinionde Napoléonsur les diversprojets
proposes pourJe Portugal.
Traite'
de
Fontainebleau
résolu
le 23 octobreet signe'le 27.
léon. Il ne voulait d’abord, comme nous l’avons dit, d’aucutjarrangement qui pût devenir définitif. Il n’entendait pas don-ner purement et simplement le Portugal à la cour de Madrid,don qu’elle n’avait pas mérité, et qui l’aurait relevée aux yeuxdes Espagnols. Il avait renoncé à l’idée, préconisée par M. deTalleyrand, de prendre pied au delà des Pyrénées par l’acqui-sition des provinces de l’Èbre. Dès lors il devait préférer, saufà le modifier, le projet de morcellement qu’avait apportéM. Yzquierdo, et qui avait pour le moment les seuls avan-tages auxquels il aspirât. D’abord Napoléon était résolu à pur-ger l’Italie de tous princes étrangers, et après en avoir expulséles Autrichiens il tenait à en écarter aussi les Espagnols, nonpas comme dangereux, mais comme incommodes. On avaitdonc bien deviné sa véritable, pensée, en supposant qu’ilchercherait à recouvrer l’Etrurie, au moyen d’un échangecontre une portion du Portugal. Ensuite, bien que rempli demépris pour le favori qui avilissait et perdait l’Espagne, iltenait à se l’attacher quelque temps encore, afin de l’avoir àsa disposition dans les différentes éventualités qu’il prévoyait,ou qu’il voulait faire naître. Mais il trouvait que c’était tropque de donner à la reine d’Etrurie une moitié du Portugalpour prix de la Toscane, et au favori l’autre moitié pour prixde son dévouement. En conséquence, prenant peu de peinepour persuader des gens auxquels il n’avait qu’à signifier sesvolontés, il dicta à M. de Champagny, le 23 octobre au matin,une note contenant ses résolutions définitives 1 . II accordaità la reine d’Étrurie pour son fils un État de 800 mille âmesde population, situé sur le Douro, ayant Oporto pour capitale,et devant porter le titre de royaume de la Lusitanie septen-trionale. A l’autre extrémité du Portugal, dans la partie méri-dionale, il accordait au prince de la Paix un État de 400 mille
1 C’est d’après cette note elle-même, et les propres instructions envoyéesde Madrid à M. Yzquierdo, les unes et les autres conservées au Louvredans les papiers de Napoléon, que j’écris ce récit.