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LIVRE XXVIII.
Octob. 18U7.
État
de l'arméeespagneteen 1807.
grande estime pour l’armée de terre, moyen de résister auxconseils de la France. Le prince de la Paix parlait volontiersde ses grenadiers, de ses dragons, de ses hussards! Voicipourtant où en était cette armée, objet de sa prédilection:
L’armée espagnole se composait d’environ 58 mille hommesd’infanterie et d’artillerie, de 15 à 16 mille hommes de cava-lerie, de 6 mille gardes royaux, de 11 mille Suisses, 2 mille Ir-landais, et enfin de 28 mille soldats de milices provinciales,en tout 120 mille hommes à peu près, pouvant fournir 50 à60 mille combattants au plus. L’infanterie était faible, chétive,et recrutée en partie dans le rebut de la population. La cava-lerie, formée avec des sujets mieux choisis, n’était montéequ’en très-petite partie, la belle race des chevaux espagnols,si ardents et si doux, tombant chaque jour en décadence. Lesgardes royaux, espagnols et wallons, présentaient la seuletroupe vraiment imposante. Les milices, composées de paysansqui n’étaient pas exercés, qui ne pouvaient pas être déplacés,n’étaient presque d’aucun usage. Les auxiliaires suisses étaientcomme partout, une troupe de métier, fidèle et solide. Aussi,après avoir défalqué les 14 mille hommes envoyés dans lenord de l’Allemagne, il ne restait pas plus de 15 à 16 millehommes à diriger vers le Portugal, sur les 26 mille promispar le traité de Fontainebleau. Les présides d’Afrique, notam-
ni pour le public, ni pour une assemble'e, ne soutenant de polémique ayecpersonne, faisant connaître purement et simplement les ressources dont onpouvait disposer, étaient forcés de dire la vérité, qu’ils n’avaient aucun in-térêt à cacher, et l’appuyaient au surplus de documents irréfragables, telsque des inspections de la veille, ou des registres et des états de caisse. Dureste, à peu de chose près, leurs renseignements concordèrent avec ce queles agents de Napoléon lui avaient antérieurement appris. L’étude de tousces documents m’a donc permis de tracer un tableau complet de l’état de lamonarchie espagnole, qui ne pourrait pas être tracé aujourd'hui en Espagne;car les documents ont passé en France au moment de l’invasion, et y sontrestés depuis. J’ai cru ce tableau utile, nécessaire même à l’intelligence desévénements; et c'est pour cela que je me suis donné la peine de le composer,et que je donne à mes lecteurs celle de le lire.