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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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ment Ceuta, ce redoutable vis-à-vis de Gibraltar, dont la prisepar les Anglais ou les Maures aurait fini par rendre impos-sible le passage de la Méditerranée dans l’Océan, ne conte-naient ni garnisons ni vivres. A Ceuta, au lieu de 6 mille hom-mes de garnison, prescrits par les règlements et l’usage, il yen avait 3 mille. Au fameux camp de Saint-Roch, devant Gi-braltar, on comptait tout au plus 8 à 9 mille hommes. Le restede l’armée espagnole, répandu dans les provinces, y était em-ployé à faire le service de la police, attendu qu’il n’existaitpas alors de gendarmerie en Espagne. La réunion d’une arméequelconque eût été impossible, car les 14 mille hommes en-voyés en Allemagne, les 16 mille acheminés vers le Portugal,absorbaient presque entièrement la portion disponible destroupes régulières. Du reste tout ce personnel de guerre, malvêtu, mal nourri, rarement payé, dépourvu d’émulation, d’es-prit militaire, d’instruction, était un corps sans àme. Làcomme dans la marine l’état-major dévorait presque toutesles ressources. Il comptait un généralissime, 5 capitaines gé-néraux répondant au grade de maréchal, 87 lieutenants gé-néraux, 127 maréchaux de camp, 252 brigadiers (grade in-termédiaire entre celui de maréchal de camp et celui de co-lonel) et un nombre inconnu de colonels, car il y en avait dontle titre était réel, d’autres provisoire, ou honorifique, et, com-pris les uns et les autres, on ne parlait pas de moins de deuxmille. Voilà ce qui restait de ces redoutables bandes quiavaient fait trembler l’Europe aux quinzième et seizièmesiècles! Voilà aussi à quoi servait la prédilection marquée duprince de la Paix pour l'armée I

Quant aux finances, qui avec les forces de terre et de merforment le complément de la puissance d’un Etat, elles répon-daient à la situation de ces forces, et servaient à l’expliquer.On devait à la Hollande, à la Banque, au public, aux grandesfermes, en emprunts à échéances fixes et annuelles 114 mil-lions , en arriérés de solde et d’appointements 111 millions,

Octoh. 1807.

Détressedes financesespagnoles.