218
LIVRE XXVIII.
Octob. 1807.
lEtafc
du commerceet de
l'agriculturede l’Espagne.
en valès royaux (papier-monnaie, qui perdait 50 pour cent)4 milliard 33 millions, ce qui présentait une dette exigible de4,258 millions, partie échéant prochainement, partie tout desuite, et pouvant être qualifiée de criarde; car pour un gou-vernement, 410 millions d’arriérés de solde et d’appointe-ments, 32 millions dus aux grandes fermes, 8 millions promismois par mois à la France et non payés, 7 millions d’intérêtsannuels dus à la Hollande, 7 millions d’intéréts de valès nonservis, pouvaient bien s’appeler des dettes criardes. Les dé-penses et les revenus se composaient comme il suit : 426 mil-lions de revenus, et 159 millions de dépenses, offrant parconséquent un déficit annuel de 33 millions, c’est-à-dire ducinquième des besoins. Les impôts étaient fort mal assis. Lesdouanes, les tabacs, les salines, les octrois supportaient lesprincipales charges. La terre, grâce à ses propriétaires, noblesou prêtres pour la plupart, ne payait que la dîme au profit duclergé. Avec un tel système d’impôt on n’aurait obtenu quecent millions de produits, si l’Amérique n’avait fourni un sup-plément de 25 ou 26 millions. L’Espagne contribuait pour dessommes beaucoup plus considérables, mais qui restaient engrande partie dans les mains des collecteurs du revenu public.L’industrie, depuis long-temps détruite, ne produisait plus nibelles soieries, ni belles draperies, malgré les mûriers del’Andalousie et les magnifiques troupeaux de la race espagnole.Quelques fabriques de toiles de coton, en Catalogne, étaientplutôt un prétexte pour la contrebande qu’une industrie réelle,car alors comme aujourd’hui, elles servaient à attribuer men-songèrement une origine espagnole aux cotonnades anglaises.Le commerce était ruiné, car il se trouvait réduit à quelqueséchanges clandestins de piastres, dont la sortie était défen-due, contre des marchandises anglaises, dont l’entrée étaitdéfendue également, et à l’importation (celle-ci permise) decertains produits du luxe français. L’approvisionnement descolonies et de la marine, qui seul depuis long-temps entrete-