FONTAINEBLEAU.
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nait encore un reste d’activité dans les ports de l’Espagne,était devenu nul par la guerre. La contrebande anglaise dansl’Amérique du sud, rendue plus facile depuis la conquête dela Trinité, y suffisait. L’agriculture, arriérée dans ses procé-dés, difficilement modifiable par les nouvelles méthodes, àcause de la chaleur du climat, et d’un manque d’eau presqueabsolu, ravagée en outre par la mesta, c’est-à-dire par lamigration annuelle de sept à huit millions de moutons du nordau midi de la Péninsule, présentait depuis des siècles un étatstationnaire. Ainsi le peuple était pauvre, la bourgeoisie rui-née, la noblesse obérée, et le clergé lui-méme, quoique riche-ment doté, et plus nombreux à lui seul que l’armée et la ma-rine , souffrait aussi de la vente du septième de ses biens,demandée et obtenue en cour de Rome, à cause de la détressepublique. Mais sous cette misère générale, il y avait une na-tion forte, orgueilleuse, aussi fière du souvenir de sa grandeurpassée que si cette grandeur existait encore; ayant perdul’habitude des combats, mais capable du plus courageux dé-vouement; ignorante, fanatique, haïssant les autres nations;sachant néanmoins que de l’autre côté des Pyrénées il s’étaitopéré d’utiles réformes, accompli de grandes choses, et appe-lant, craignant tout à la fois les lumières de l’étranger; pleineen un mot de contradictions, de travers, de nobles et atta-chantes qualités, et dans le moment ennuyée au plus hautpoint de son oisiveté séculaire, désolée de ses humiliations,indignée des spectacles auxquels elle assistait 1C’est en présence d’une nation si près de perdre patienceque l’inepte favori, dominateur de la paresse de son sou-verain, des vices de sa souveraine, poursuivait le cours deses turpitudes. Tandis qu’on manquait de numéraire, dansun pays qui possédait le Mexique et le Pérou, et qu’on y sup-pléait avec un papier-monnaie discrédité, Emmanuel Godoy,par un vague pressentiment, accumulait chez lui des sommesen or et en argent, que la libre disposition de toutes les res-
Oetob, 1807.
(Caractère«le la nationespagnole.
Fortuneet conduiteprivéedu princede ia Paix.