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LIVRE XXVUI.
Octob. 1807.
Caractèreet situationdu princedes Asturies,depuis
Ferdinand VU,
sources du trésor lui permettait d'amasser, et que le bruitpublic exagérait follement, car on parlait de plusieurs cen-taines de millions entassés dans son palais. Ainsi, tandis qu’onse sentait misérable, on croyait toute la richesse nationaleréunie chez Emmanuel Godoy. Au scandale public de ses re-lations adultères avec la reine, se joignaient de bien autresscandales encore. Après avoir épousé dona Maria-Luisa deBourbon, infante d’Espagne, propre nièce de Charles 111,cousine-germaine de Charles IV, sœur du cardinal de Bourbon,qu’il avait choisie pour se rapprocher du trône, et qu’il négli-geait par dégoût de ses modestes vertus, il était publiquementattaché, par mariage suivant les uns, par une lougue habitudesuivant les autres, à une demoiselle, nommée Josefa Tudo,dont il avait plusieurs enfants. Il avait voulu donner à cetteliaison une sorte de consécration, en faisant nommer made-moiselle Josefa Tudo comtesse de Castillo - Fiel (Château-Fidèle ), et en ajoutant à ce titre une grandesse pour l’aîné deses enfants. Il la comblait de richesses, l’entourait d’une sortede puissance; car c’était auprès d’elle qu’on allait le voir,quand on désirait l’entretenir en liberté ; c’était chez elle queles agents de la diplomatie européenne allaient chercher leursinformations ; c’était de ses propos que les ambassadeursremplissaient leurs dépêches; et, tout en épanchant auprèsd’elle les soucis, les chagrins, les anxiétés dont son aveuglelégèreté ne le sauvait pas, il trouvait encore dans la jeunesseet la beauté d’une sœur de mademoiselle Tudo des plaisirsqui mettaient le comble aux scandales de sa vie. Et toutel’Espagne connaissait ces honteux désordres ! la reine elle-même les connaissait et les supportait 1 Le roi seul les ignorait,et remerciait le ciel de lui avoir envoyé un homme qui tra-vaillait et gouvernait pour lui 1La malheureuse nation espagnole ne sachant, entre unfavori insolent, une reine coupable, un roi imbécile, à quidonner son cœur, l’avait donné à l’héritier de la couronne, le