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LIVRE XXVIII.
ociob. 1807 . état, ayant de l’ambition, peu de talents, des intentions droi-tes, et entouré d’une considération universelle; enfin un ecclé-siastique qui avait enseigné au prince le peu que celui-ci sa-vait, le chanoine Escoïquiz, relégué alors à Tolède, où il étaitmembre du chapitre archiépiscopal. Ce dernier était un prêtrebel-esprit, fort instruit dans les lettres, très-peu dans la po-litique, aimant tendrement son élève, en étant fort aimé, dé-solé de la situation à laquelle il le voyait réduit, résolu à l’entirer par tous les moyens, et, quoique très-bien intentionné,sensible cependant à la perspective qui s’ouvrait devant luid’être un jour fami, le directeur de conscience du roi d’Es-pagne. C’est dans la société de ces personnages et de quel-ques femmes de cour attachées à la défunte princesse desAsturies, que Ferdinand épanchait les amers sentiments dontil était plein. Le chanoine Escoïquiz étant absent, on le mandasecrètement à Madrid, parce que, aux yeux de Ferdinand etde sa petite cour, il passait pour le plus capable de donner
que l’Empereur veuille bien la donner au roi de Westphaiie, en démonstra-tion de l’alliance qui existe de fait entre S. M. C. et tous les souverains dela maison de S. M. I. et R.
»Le procès contre les criminels séducteurs du prince des Asturies estpoursuivi d’après les dispositions de nos lois, parce que le roi a bien vouluse démettre de son autorité souveraine par laquelle elle pouvait les jugerpar soi-même, et laissant aux juges la liberté de consulter à S. M. leur sen-tence. Us ont tous encouru la peine d’être dépouillés de leurs dignités, etles deux les plus inculpés ont mériré la peine capitale; mais la reine a dis-posé la volonté du roi à la clémence, et le dernier supplice sera commutédans une prison perpétuelle, et pour les autres ils seront déportés hors duroyaume. On a eu le soin de ne faire la moindre mention d’aucun des sujetsde S. M. I. et R. par égard à ce qu’elle a fait signifier.
» Il m'est fort sensible de ne pouvoir écrire à V. A. I. dans sa langue, maisje ne veux pas me priver de la satisfaction de lui adresser ma lettre origi-nelle avec cette traduction littérale. Il n'est pas possible de transcrire le lan-gage du cœur, mais dans le mien se trouvent empreintes la reconnaissanceet l’admiration avec lesquelles aura toujours pour V. A, I. la plus haute con-sidération
»Son invariable serviteur, » Manuel.
A San-Lorenzo, ce 26 décembre 1807.»