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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Octob. 1807.

Rôle

et caractèrede M. deBeauharnais,ambassadeurde France àMadrid.

Secrètesrelations entrele princedes Asturieset IV!. deBeauharnaispar

l'entremisedu chanoineEecoiquiz.

M. de Beauharnais, frère du premier mari de l’impératriceJoséphine, avait remplacé en 1806 le général Beurnonville àMadrid. C’était un esprit médiocre, un ambassadeur gauche etparcimonieux, peu propre aux finesses de son état, et moinsencore au genre de représentation que cet état commande,doué cependant de quelque bon sens et d’une parfaite droi-ture. À tout cela il ajoutait une morgue assez ridicule, excitéepar le sentiment de sa situation, puisqu’il avait, d’après ceque nous venons de dire, l’honneur d’étre beau-frère de sasouveraine.

Sa gravité, sa probité, sa maladresse concordaient peu avecla fourberie et la légèreté du favori, et il aimait ce dernieraussi peu qu’il l’estimait. Il adressait à Napoléon des rapportsconformes à ce qu’il sentait. Aussi le regardait-on à Madridcomme ennemi du grand-amiral. C’étaient là des circonstan-ces favorables pour les confidents de Ferdinand. Le chanoineEscoïquiz se chargea d’entrer en relations avec M. de Beau-harnais, et se fit présenter à lui sous prétexte de lui offrir unpoème qu’il avait composé sur la conquête du Mexique. Peuà peu le chanoine en arriva à des communications plus inti-mes, s’ouvrit entièrement à l’ambassadeur de France, et luifit part de la situation du prince, de ses dangers, de ses dé-sirs , et du vœu qu’il formait d’obtenir une épouse de la mainde Napoléon, ne voulant à aucun prix de celle que lui desti-nait Emmanuel Godoy

1 M. de Toreno et plusieurs historiens, tant français qu’espagnols, ontprétendu que M. de Beauharnais avait reçu de Paris, ou s’était donné à lui-même la mission d’entrer en rapport avec le prince des Asturies, soit pourlui inspirer l’idée d’épouser une princesse française, soit pour diviser la fa-mille royale d’Espagne, et se ménager ainsi le moyen d’y semer les troublesdont on profita depuis. C’est une erreur complète, dont la preuve se trouvedans la correspondance officielle et secrète de M. de Beauharnais. Celui-ciraconte, dans cette double correspondance, comment les agents du princedes Asturies vinrent à lui, et de son récit parfaitement sincère, car il étaitincapable de mentir, il résulte évidemment que l’initiative de ces relationsfut prise par le prince des Asturies et non par la légation française. Nous