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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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M. de Beauharnais était beaucoup trop nouveau dans la pro-fession qu’il exerçait pour ne pas s’effrayer d’une positionaussi délicate, car il s’agissait d’accepter des rapports clan-destins avec l’héritier de la couronne. Il avait peur d’étretrompé par des intrigants, et compromis envers la cour d’Es-pagne. Il refusa d’abord d’en croire le chanoine Escoïquiz, etaccueillit ses ouvertures avec une froideur capable de décou-rager des gens moins décidés à se faire écouter et comprendre.Mais le chanoine imagina un moyen singulier d’obtenir crédit :ce fut d’établir un échange de signes entre le prince et M. deBeauharnais, dans les visites que celui-ci faisait à l’Escurialpour y présenter ses hommages à la cour. Ces signes conve-nus d’avance ne devaient pas laisser de doute sur la secrètemission que le chanoine Escoïquiz disait avoir reçue de Fer-dinand. En effet M. de Beauharnais à sa première visite à l’Es-curial observa le prince avec attention, aperçut les signesconvenus, fut en outre de sa part l’objet des prévenances lesplus marquées, et ne put dès lors conserver aucune incerti-tude sur la mission du chanoine Escoïquiz. Quand il fut ras-

allons citer, du reste, deux pièces qui éclaircissent parfaitement ce point.La première est une dépêche deM. deChampagny, dans laquelle ce ministre,répondant à une lettre pleine de réticences deM. de Beauharnais, lui enjointen un langage assez sévère de s’exprimer avec plus de clarté. Cette pre-mière dépêche démontre positivement que ce n'est pas Napoléon qui avaiteu l’idée de s’immiscer dans l’intérieur de la famille royale d’Espagne, etqu'au contraire on était venu à lui. La seconde est la lettre même du princeFerdinand à M. de Beauharnais, dans laquelle ce prince avait renfermé lademande de mariage adressée à Napoléon. On a publié la demande de ma-riage , on n’a jamais connu ni publié la lettre qui la contenait. La lecturemême de cette seconde pièce prouvera que M. de Beauharnais, pas plus queson gouvernement, n'avaient commencé les relations avec le prince desAsturies. Au ton de cette lettre il est facile de Reconnaître que le prince re-cherchait ceux auxquels il s’adresse, et n’était pas recherché par eux.

Voici la dépêche de M. de Cliampagny à M. de Beauharnais:

«Paris, le 9 septembre 1607.

«Monsieur l’ambassadeur, j'ai reçu votre lettre confidentielle et je m’em-presse d'y répondre en n’admettant entre vous et moi aucun intermédiaire.

Octoh.