FONTAINEBLEAU.
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de la part de M. de Beauharnais, et le même désir d’étre ac-cueilli de la part de Ferdinand. Ce prince se décida enfin àfaire remettre par le chanoine Escoïquiz deux lettres, l’unepour l’ambassadeur, l’autre pour Napoléon lui-même, danslesquelles, déplorant ses malheurs et les dangers dont il étaitmenacé, il demandait formellement la protection de la Franceet la main d’une princesse de la famille Bonaparte. Ces deuxlettres, datées du 11 octobre, ne furent expédiées que le 20,par le soin que M. de Beauharnais mit à se procurer un mes-sager sûr, et n’arrivèrent que le 27 ou le 28, au momentmême où parvenaient à Paris d’autres nouvelles non moinsimportantes, dont on va connaître le sujet.
Tandis qu’il s’adressait à Napoléon, Ferdinand, ne sachantsi la protection française serait assez prompte ou assez décla-rée pour le sauver, avait voulu en même temps prendre sesprécautions à Madrid même. D’accord avec ses amis, il con-çut l’idée de tenter une démarche auprès de son père, pourlui ouvrir les yeux, pour lui dénoncer les crimes du princede la Paix, la complicité de la reine, et, sinon ses relations
Octob. 1807.
TentativeAu princeFerdinandpour ouvrirles yeux à soipère sur l’e'tatde la courd'Espagne,
avec plus de détail, et surtout que vous n’ayez pas fait connaître commentelles vous sont parvenues. Telle a été la réflexion de VEmpereur lorsquej’ai eu l’honneur de Ven entretenir. Quels ont été vos rapports avec lejeune prince dont vous parlez? Quelles sont les raisons positives que vousavez de le juger d’une certaine manière? Il sollicite à genoux , dites-vous,la protection de l’Empereur; comment le savez-vous? Est-ce lui qui vousl’a dit? ou par qui vous l'a-t-il fait dire? Ces questions vous sont faitespar l’Empereur, et c’est lui qui a fait la réflexion que j’ai énoncée plus haut,qu’un ministre ne peut avoir de secrets pour son gouvernement.
» Champagnï. »
Voici la lettre du prince Ferdinand à M. de Beauharnais :
«Vous me permettrez, monsieur l’ambassadeur, de vous exprimer toutema reconnaissance pour les preuves d’estime et d’affection que vous m’avezdonnées dans la correspondance secrète et indirecte que nous avons euejusqu’à présent par le moyen de la personne que vous savez, qui a toutema confiance. Je dois enfin à vos bontés ce que je n'oublierai jamais, lebonheur de pouvoir exprimer, directement et sans risque, au grand Em-pereur votre maître, les sentiments si long-temps retenus dans mon cœur.