Band 
[Vol. 4.]
Seite
234
JPEG-Download
 

234

LIVRE XXVIII.

Octob. 1807. adultères avec le favori, du moins son abjecte soumission auxvolontés de ce dominateur de la maison royale; pour le sup-plier enfin d’apporter un terme aux scandales, aux malheursqui désolaient l’Espagne, aux périls qui menaçaient un filsinfortuné. Ferdinand devait remettre au roi un écrit contenantces révélations, avec prière de Je lui rendre après en avoirpris connaissance, car une indiscrétion pouvait mettre sa vieen danger. La minute de cet écrit était de la main même duchanoine Escoïquiz. Indépendamment de cette démarche, lesauteurs du plan avaient encore imaginé, pour le cas où lo roiviendrait à mourir subitement, de donner au duc de l’Infan-tado des pouvoirs signés à l’avance par Ferdinand, pouvoirsen vertu desquels le duc aurait le commandement militaire deMadrid et de la Nouvelle-Castille, afin qu’on fût en mesure,s’il le fallait, de résister par la force des armes aux tentativesdu prince de la Paix. Tels étaient les moyens préparés par ceconciliabule, pour se garder contre un projet vrai ou supposéd’usurpation; et ces moyens ne décelaient assurément ni beau-coup de profondeur d’esprit, ni beaucoup d’audace de carac-

Je profite donc de ce moment heureux pour adresser par vos mains àS. M. /. et R. la lettre adjointe, et craignant l’importuner par une longueurdéplacée, je n’explique encore qu’à demi ce que je sens d'estime, de respectet d’affection pour son auguste personne, et je vous prie, monsieur l’ambas-sadeur, d’y suppléer dans celles que vous aurez l’honneur de lui écrire.

«Vous me faites aussi le plaisir d’ajouter à S. M. I. et R. que je le con-jure d’excuser des fautes d’usage, de style, et qui se trouveront dans inaditelettre, tant par égard à ma qualité d’étranger qu’en considération de l’inquié-tude et de la gène avec lesquelles j’ai été obligé de l’écrire, étant, commevous le savez, entouré jusque dans ma chambre d’espions qui m’observent,et obligé de profiter pour ce travail du peu de moments que je puis déro-ber à leurs yeux malins. — Comme je me flatte d’obtenir dans cette affairela protection de S: M. I. et R., et qu’en conséquence les communicationsdeviendront plus nécessaires et plus fréquentes, je charge ladite personnequi a eu cette commission jusqu'ici, de prendre ses mesures de concertavec vous pour la conduire sûrement; et comme jusqu'à présent elle n’aeu pour garants de ladite commission que les signes convenus, étant en-tièrement assuré de sa loyauté, de sa discrétion et de sa prudence, je luidonne, par cette lettre, mes pleins et absolus pouvoirs pour traiter cette